‹ Mahé de la Bourdonnais et la Compagnie des IndesChapitre 14 sur 71 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

Séjouc à Patié. — Deuxième dépatt pout l'Inde (S Avril 1741)

Calomnies répandues sur le compte de Mah£ de la Bourdonnais. ~ Il se justifie. — Guerre contre l'Angleterre et In Hollande. — Les projets personnels de la Bourdonnais. — Les ministres lui ordonnent de les exécuter, pour le compte de la Compagnie des Indes. — Mémoire adressé par la Bourdonnais aux directeurs de la C". — Il quilte Paris (février 1T4I) et se rend à Lorient. — Déport de France (5 Bvril 1741). — Quelles étalent les Instructions données A la Bourdonnais 7. — Défeme de ^emparer d'aucun élabliisenient

Mahé de la Bourdonnais arrive en France, précédé d'odieuses calomnies que la plus basse jalousie avait imaginées, dans le but de le disqualifier aux yeux de la Compagnie.

Quelles étaient ces calomnies ?

Des protestations anonymes de colons se plaignant qu'on leur imposât des cor^'ées excessives ; des lettres également anonymes, disant que la Bourdonnais froissait les ingénieurs, en empiétant sur leurs fonctions ; des plaintearémanant de prétendus capitaines- marin s, qui n'osaient seulement pas se faire connaître, mais affirmaient bien haut qu'à leur départ des fies, ils n'avaient même pas reçu les vivres nécessaires pour assurer leur subsistance et celle de leurs équipages...

La compagnie accueillait toutes ces récriminations, et si la

Bourdonnais insistait, demandant quels étaient les griefs exacts soulevés contre lui, on ne lui répondait que par des généralités.

— Vous êtes trop dur, lui disait-on, pour les colons et les officiers.

Mais, de fait précis, on n*en citait aucun. Finalement, désespéré de ce laconisme, la Bourdonnais fut trouver le Cardinal de Fleury, le Comte de Maurepas et M. Orry, contrôleur général, les suppliant qu'on lui fit au moins connaître ses ennemis et qu'on le mît à même de se disculper.

Ce dernier lui fit répondre qu'on examinerait sérieusement les griefs élevés contre son administration, aussitôt le retour de M. de Fulvy, qui était en Bretagne.

Sur les entrefaites, parut un libelle particulièrement violent.

Dans ce libelle, on lui reprochait notamment d'avoir employé, pour son compte personnel, des esclaves appartenant à dés habitants qui devaient fournir pour le compte des îles, un certain nombre de prestations.

On lui reprochait d'avoir détourné des marchandises appartenant à la Compagnie et de les avoir vendues, pour son compte personnel, avec un bénéfice s'élevant jusqu'à 400%,

On l'accusait de s'être emparé de nègres appartenant à la Compagnie, et de les avoir vendus pour son compte, avec un bénéfice de 2 à 300 Vo.

En 1737, la Compagnie avait expédié à l'île de France, pour 200.000 livres de sous marqués, auxquels le Conseil avait donné un cours légal de 3 sous. Or, d'autres sous a3'ant été mis ultérieurement en circulation, au cours de 2 sous, on lui reprochait d'avoir bénéficié de cette majoration.

Enfin les ministres, ainsi que le Cardinal Fleury, consentirent, sur l'insistance réitérée de la Bourdonnais, à examiner les griefs formulés contre lui.

Vite, ils découvrirent qu'ils n'avaient aucun fondement et

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