‹ Mahé de la Bourdonnais et la Compagnie des IndesChapitre 26 sur 71 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Suite de la tivalUé avec Dupleix, 1J46.

La rançon de Madras. — Un fret de 13 millions et demi. — Entraves apportées par Dupleix à l'embarquement. — Protestations du Nabab d'Arcate incitées par Dupleix. — Lettres de Dupleix et du conseil de Pondichéry. — Arrivée à Madras des députés envoyés par Dupleix. — Nouveaux envoyés : M. Paradis. — Assemblée tumultueuse à la salle du Conseil. — Le traité de Madras y est désavoué. — Protestation des Anglais. — Conseil de guerre. — Ruse de la Bourdonnais. — Embarquement des troupes de Pondichéry. — Aux arrêts I — Complots contre la Bourdonnais. — Lettre à Dupleix. — Un terrain de conciliation. — Articles additionnels relatifs à la prolongation d'un séjour à Madras. — Arrivée de la mousson.— Naufrage de toute l'escadre. — Demande vaine de secours. — Ordres contradictoires. — Signature des cinq articles additionnels. — Remise du commandement à Desprémesnil. — Le vainqueur de Madras quitte la ville conquise sur une simple chélingue.

Le vainqueur de Madras n'avait pas de temps à perdre pour réaliser toutes les richesses qui lui étaient attribuées par le traité de capitulation.

A peine avait-il, en réalité, une vingtaine de jours. Il avait dû, en effet, fixer son départ à la mi-octobre (1), à cause de la mousson.

Dans les mers de llnde, on navigue soit par vents alizés, c'est-à-dire par vents qui sont toujours les mêmes, dans certains endroits ; soit par moussons, c'est-à-dire par vents qui soufflent six mois d'un côté et six mois de l'autre.

Or, le changement de moussons était alors imminent, car

(i) Du 10 au 20 octobre.

le changement de moussons que précèdent habituellement de grandes perturbations atmosphériques, a lieu un mois avant ou un mois après l'équinoxe.

La Bourdonnais n'avait donc qu'à se hâter. En ce qui concerne le chiffre de la rançon, les pourparlers se prolongèrent jusqu'au 26 septembre et fixèrent enfin celle-ci. à 1.100.000 pagodes d'or à l'étoile, soit environ 9 millions et demi de livres françaises. Cette somme lui fut payée immédiatement en lettres de change, garanties par la remise d'otages appartenant aux premières familles du pays.

Outre cette somme, il se mit à charger sur ses vaisseaux toutes les valeurs prises en nature et appartenant à la Compagnie anglaise : objets précieux, or et argent, munitions, marchandises, dont un connaissement régulier indiquait le détail) à mesure qu'on les embarquait. Au total, le montant de ce qu'il emportait représentait une valeur de 1.609.920 pagodes d'or, environ 13 millions et demi.

Fabuleux afirétement I qui était d'ailleurs le seul parti auquel devait forcément s'arrêter le vainqueur de Madras, auquel on ne saurait trop le rappeler, était fait, dans les termes suivants, la défense expresse de conserver les villes et territoires dont il viendrait à s'emparer :

« // est expressément défendu à M, de la Bourdonnais de s*emparer d'aucun établissement ou comptoir des ennemis, pour

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