‹ Mahé de la Bourdonnais et la Compagnie des IndesChapitre 29 sur 71 · LA FLOTTE DE PONDIGHÉRY · texte numérisé non relu

LA FLOTTE DE PONDIGHÉRY

ainsi que le Conseil, avaient fait attester par écrit, à tous les capitaines de Fescadre, que leur avis était de prendre d'urgence les moyens les plus convenables pour mettre leurs vaisseaux en sûreté.

Alors, ils firent débarquer des cinq vaisseaux, quatre cents hommes d'équipage et, après avoir remis aux officiers des ordres cachetés qu'ils ne devaient ouvrir qu'au large, ils donnèrent l'ordre du départ pour Merguy.

Cependant, les capitaines qui avaient été fort surpris de voir réduire ainsi leur effectif et se défiaient fort des lumières de MM. de Pondichéry, n'attendirent pas à être au large pour ouvrir les plis cachetés relatifs à leur mission.

A peine arrivés à deux lieues en mer, il se réunirent en conseil pour en prendre connaissance, et avec une véritable stupeur y lirent que ce n'était point à Merguy, comme on le leur avait déclaré, mais bien à 200 lieues de là, à Achem, qu'ils étaient envoyés.

A l'unanimité, ils décidèrent qu'avec leurs équipages réduits, le nombre de leurs malades s'élevant à 234, une telle expédition était impossible, et ils écrivirent à MM. de Pondichéry qu'ils partaient rejoindre Mahé de la Bourdonnais (1).

En réponse à cette lettre, MM. de Pondichéry leur enjoignirent au nom du roi, de la nation et de la Compagnie, d'exécuter leurs ordres.

Eux autres, sans se laisser intimider par une telle injonction, expédièrent à Pondichéry une nouvelle lettre qui confirmait la précédente et déclarait que leur décision était absolument* irrévocable, leur escadre étant dans l'impossibilité la plus absolue de résister à la flotte anglaise commandée par Peyton.

Et, sans plus de retard, continuant leur route, ils virèrent

(1) Pièce n- CXIV.

de bord et se mirent à la recherche de la Bourdonnais, qu'ils rencontrèrent le 26 octobre. Ce dernier, sur leurs instances, consentit à les garder sous sa protection, et, avec eux, il arrivera en rade de Pondichéry, à la date du 27 du même mois.

Alors, les officiers de l'escadre se réunirent à nouveau en conseil de guerre. Us décidèrent que leurs cinq vaisseaux étaient dans l'impossibilité complète de résister à la flotte de Peyton et qu'il convenait d'en aviser Dqpleix.

La Bourdonnais s'efforça, dans une série de lettres, de faire revenir ce dernier sur sa décision. Finalement même, il le conjura de venir se rendre compte par lui-même de l'état de la flotte.

— Aucun de nos Messieurs, répondit dédaigneusement Dupleix, ne veut se risquer aussi loin.

Comprenant que l'expédition d'Achem ne pouvait être évitée, la Bourdonnais fît alors tous ses efforts pour en diminuer les hasards et les dangers, d'autant que l'escadre, qui allait entreprendre pareille aventure, était le suprême espoir de la Compagnie.

Il divisa cette escadre en deux parties. Dans la première, il plaça ses quatre meilleurs vaisseaux : le Centaure, le Mars, le Brillant et le Saint-Louis, sur lesquels il fît même passer 150 hommes de V Achille, navire qu'il montait.

Dans la deuxième partie, il plaça ses trois autres vaisseaux, V Achille, le Lys et le Sumatra, Ces trois vaisseaux étaient en réalité hors d'état de prendre la mer. Aussi, décida-t-il, qu'en cas d'impossibilité pour eux, de suivre l'avant-garde, ils reprendraient la route des îles.

Dupleix approuva ces dispositions et, le 29 octobre, on mit à la voile pour Achem.

Arrivé à deux lieues en mer, la Bourdonnais réunit les capitaines, leur fit part des instructions qu'il avait reçues et leur déclara qu'ils avaient à les exécuter. Tout^ois, il crut

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