‹ Mahé de la Bourdonnais et la Compagnie des IndesChapitre 30 sur 71 · LA FLOTTE DE PONDIGHÉRY · texte numérisé non relu

LA FLOTTE DE PONDIGHÉRY

devoir leur faire part de son' sentiment personnel, en ce qui concernait Unique tribut qu'ils avaient Tordre de réclamer au roi d*Achem.

Alors, le voyage fut continué. Bien vite le Centaure, le Mars, le Brillant et le Saint-Louis gagnèrent une grande avance. L'arrière-garde, commandée par la Bourdonnais, fit vainement tous ses efforts pour les suivre. Elle ne tarda pas à les perdre de vue, et finalement obligée de virer de bord, elle reprit le chemin des îles, où elle arriva le 10 décembre.

Quant aux quatre vaisseaux d'avant-garde, ils mouillèrent à Achem, le 6 décembre, ayant eu la chance d'éviter Peyton et GrifQn qui commandaient alors l'escadre anglaise.

A leur retour à Pondichéry, au lieu de les envoyer aux îles, chargés de marchandises, et de là en Europe, ainsi qu'il avait été convenu avec la Bourdonnais, Dupleix ne songeant toujours qu'à soustraire les vaisseaux à l'influence

de son rival, proposa de les envoyer dans le Gange, s'emparer de Calcutta.

Les officiers protestèrent avec indignation contre une telle expédition, faisant remarquer à Dupleix qui semblait ignorer ce point, que le Mogol faisait observer la neutralité dans le fleuve de Bengale et que la Compagnie, par une semblable expédition, allait s'attirer de terribles et justes représailles. Us déclarèrent qu'il fallait retourner aux îles.

D'avis opposé, MM. de Pondichéry décidèrent alors de les envoyer se mettre à l'abri sur la côte de Malabar.

A partir de ce moment, n'ayant d'autre but que d'éviter les Anglais, l'escadre de Pondichéry s'en alla à Galle, à Ceylan, à Colèche, à la côte de Malabar, à Mahé, à Goa.

Et, fuyant de rade en rade, dépensant dans ces étranges escales sans but, sans plan, sans intérêt, toutes les ressources de la Compagnie, elle finit par périr misérablement. Le Saint- Louis alla se jeter à la côte. La Princesse-Marie périt faute de réparations, et le Neptune fut brûlé par les canons anglais.

Quant aux derniers vaisseaux de cette malheureuse flotte, ils ne durent leur salut qu*à l'énergie de leurs capitaines qui se lassèrent enfin du rôle inntile et dispendieux qu'on leur faisait jouer. Malgré la défense formelle de Dupleix, ils se rendirent donc* aux îles se faire radouber, et ainsi ils assurèrent leur salut.

Page 1