‹ Mahé de la Bourdonnais et la Compagnie des IndesChapitre 31 sur 71 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Apièâ la ptÎAe de Madtad. — Violation du traité

de capitulation.

Blocus de Madras, par les Maures. — Desprémesnll passe le commandement de la place à Barthélémy. — Arrivée de Paradis. — Disgrâce de Desjardins et de Mahé de la Villebague. — Paradis prend solennellement le commandement de toutes les troupes (10 novembre). — 11 proclame l'annulation du traité de rançon. — Indescriptible panique. — Exode vers Gourdelour. — Retour triomphal à Pondichéry. — Expédition de Paradis, contre Gourdelour. — Echec. — Nouvelle expédition commandée par de Bury. — Nouvel échec. ^ Représailles de Dupleix. — La paix est signée.

En s'éloignant, tout seul, semblable bien plus à un fugitif qu'à un conquérant, la Bourdonnais laissait à Madras une forte garnison d'environ 3000 Français.

Cette garnison, d'une importance absolument anormale, était principalement composée des troupes aguerries et bien disciplinées qui avaient fait partie de sa glorieuse expédition, ainsi que des équipages de sa flotte désemparée par la tempête du 13 octobre. Autrement, pour défendre Madras et Pondichéry, Desprémesnll aurait eu seulement la garnison habituelle de cette dernière place, composée d'environ 430 Européens, et dès lors absolument insufQsante pour résister aux Maures et aux Anglais, en dépit des illusions de MM. de Pondichéry qui se plaisaient à répéter au vainqueur de Madras :

— Vous pouvez remettre le commandement à M. Desprémesnil, lui laisser toutes les troupes de Pondichéry, tant

Noires que Blanches, et nous nous chargeons de répondre de cette place, à qui il appartiendra.

Cependant, le jour même du départ de la Bourdonnais, les Maures, que sa présence seule avait empêché plutôt d'ouvrir les hostilités, viennent mettre le blocus devant Madras. Leur plan est exactement celui de la Bourdonnais et c'est d'abord, eux aussi, la ville Noire qu'ils assiègent,

Avec les Maures, se trouvent les Cipayes, les Péans, les Topasses, à la solde de la Compagnie anglaise.

Espérant les arrêter, Desprémesnil envoie demander au Nabab, la raison de sa conduite. Celui-ci répond que Dupleix lui ayant promis Madras, il suit de gré ou de force l'accomplissement de son engagement.

Alors, se sentant plus fort en diplomatie qu'en art militaire, Desprémesnil fait part au Conseil de Pondichéry de la réponse du Nabab, et, de concert avec Dupleix, rédige à son adresse une nouvelle lettre dont il donne préalablement lecture au Conseil Supérieur.

Celui-ci en approuve la teneur, mais avant qu'elle soit soumise à sa signature, il y est ajouté une série de considérations fort injurieuses pour la Bourdonnais, auquel on impute la responsabilité du malentendu actuel.

Desjardins et de la Yillcbague, beau-frère de la Bourdonnais, découvrent la ruse et refusent de signer le libelle.

Cependant, les Maures deviennent de plus en plus menaçants.

Alors, Desprémesnil croit prudent d'abandonner le commandement de la place au sieur Barthélémy qui fait bientôt effectuer par M. de la Tour une sortie heureuse, obligeant les Maures à battre en retraite jusqu'à Saint-Thomé.

Bientôt, voici Paradis qui arrive à Pondichéry. Très brillamment, il attaque les Maures à la baïonnette, s'empare de Saint-Thomé qu'il livre au pillage et rentre triomphalement à Madras, à la tête de ses troupes victorieuses.

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