FÉVRIER
A LA Bourdonnais Maurice reconnaissante
^ Des fleurs furent également déposées sur le côté du maîtreautel de la cathédrale de Saint-Louis où, pieusement réunis, se trouvent les restes de M">« de la Bourdonnais et de son fils.
Alors, on ce prépara aux fêtes du 22 août, et le comité, désireux de voir les commandants des escadres française et anglaise de la mer des Indes y assister, pria le Ministre des Colonies, par l'entremise de l'ambassade, de vouloir bien transmettre au gouvernement une invitation.
M. Delcassé, ministre des Affaires Etrangères, répondit par la lettre qui suit, à sir Edmond Monson :
Paris, le 30 mai 1899.
Monsieur l'Ambassadeur,
Votre ambassade avait bien voulu me faire part, dans une lettre du 23 de ce mois, du désir que le Principal Secrétaire d'Etat de Sa Majesté Britannique a exprimé de voir le Gouvernement de la République représenté par un Amiral, aux fêtes que la population de l'île Maurice se propose de donner, au mois d'août prochain, pour commémorer le deuxième centenaire de la naissance de Mahé de la Bourdonnais.
Le Ministre de la Marine, auquel j'avais transmis cette gracieuse invitation, me fait savoir, et je m'empresse d'annoncer à Votre Excellence que, pour y répondre, il a prescrit au capitaine de vaisseau Lormier, chef de la division navale de rOcéan Indien, de se rendre à l'île Maurice avec le dEstaing, qui porte son guidon, pour le moment que lui indiquera le Consul de France, à Port-Louis.
Agréez, etc..
Signé : Delcassé.
Sir E. Monson, G, G. B. ; G. G. M. G.
La fête dut être, à cause de la peste, ajournée encore à une date ultérieure, au 16 décembre 1899.
Ce jour là, en présence de toutes les autorités de l'île, une messe solennelle fut chantée à la mémoire du glorieux malouin, et après un magnifique panégyrique prononcé par Mgr O'Neill, évêque de Port-Louis, un long et imposant cortège s'en fut, pieusement, déposer une plaque commémo-
rative, à Tendroit où reposent, en la cathédrale de Port-Louis, les restes de la femme et du fils de Mahé de la Bourdonnais. Cette plaque porte Tinscription suivante :
Le 16 DÉCEMBRE 1899
pour la célébration du bi-centenaire de la naissance de Mahé de la Bourdonnais (Février 1899). Cette plaque commémorant la translation, en cette cathédrale, le ^ décembre Î827, des restes mortels de Marie-Anne Le Brun de la Franquerie, épouse de Mahé de la Bourdonnais et de ceux de leur fils François, décédés en cette colonie en 1738, a été posée par Monseigneur P. A. O'Neill 0. S. B,, Evéque de Port-Louis.
Pendant la bénédiction de cette plaque, eut lieu un magnifique concert. Après quoi, le cortège se rendit à la place d'Armes, en face la statue du héros de Madras. Dans un féerique décor, sur une tribune ornée d'arbres de forêt et d'orchidées aux subtils parfums» furent alors prononcés d'éloquents discours.
Une plaque commémorative fut aussi posée, au pied de la statue.
Elle porte l'inscription suivante :
Le 11 DÉCEMBRE 1899
A ÉTÉ CÉLÉBRÉ A PORT-LoUIS
LE BI-GENTENAIRE
DE
B. F. Mahé de la Bourdonnais
NÉ A SaINT-MaLO le 11 FÉVRIER 1699
Son Excellence sir Ch. Bruce K, C, M, G., Gouverneur de Maurice,
Sir V. Naz K. C. M. G., Président du ComUé de la célébration,
Léon Huet de Froberville, Secrétaire du Comité.
Fête de fleurs, fête d'orchidées cueillies dans les jardins de
192 MAfi]£ DE LA BOURDONNAIS
Mon-Plaisir, aux Pamplemousses, le bi-centenaire fut aussi la fête de la poésie (1).
Ecoutez, plutôt :
Quarante ans ont passé, depuis qu'au soleil d*août, Nos pères assemblés qu'enivrait ta mémoire Te virent, hors du voile écarté, tout-à-coup, La Bourdonnais, surgir, dans le bronze, debout. Montrant ton épée à l'histoire.
Tel un roi dont un peuple unanime est la cour. En ces lieux où leurs cris t'ont salué naguères. Tu nous vois, nous, leurs fils, pressés à notre tour. Nos cœurs sont à tes pieds, tout brûlants d'un amour Où nous sentons vivre nos pères.
....Ne te devions-nous pas notre hommage?Après Dieu, Par qui la glèbe aride ou l'oasis fleurie Nous est donnée avec le génie et le feu.
Tu fus le créateur qui, sous ce beau ciel bleu. Nous a bâti notre patrie.
Ah ! que n'as-tu point fait, dans ces climats lointains ? Moïse, d'un roc nu, n'avait tiré que l'onde ! Toi, tu fécondas tout, sable, étangs et ravins ; Ton verbe aplanissait les monts aux fiers gradins. Et d'un rocher tu fis un monde.
Et après avoir rappelé la basse jalousie qui vint ternir et saper la gloire du héros de Madras, le poète le montre, enfin, irradiant de l'auréole qu'il mérite dans l'histoire.
(1) Ajoutons qu'un timbre-poste commémoratif, ainsi qu'une brochure spéciale intitulée : lie Maurice. Mahé de la Bourdonnais (documents réunis par le Comité du bi-centenaire de la Bourdonnais), parurent également, à Tépoque, pour perpétuer le souvenir des beUes fêtes dont nous avons retracé, ci-dessus, une trop pâle esquisse.