CHAPITRE IV
Enfance et débuta de Mahé de la Boutdonnaià
Naissance de Mahé de In Bourdonnais (11 février 1699). — Sa famille appartenait-elle à la noblesse?— Sa petite enfance et sa vocation pour la profession de marin. — Premier voyage dans les mers du Sud. — Second voyage : il apprend les mathématiques avec un Père jésuite. — Autres voyages : il entre à la Compagnie des Indes. — Son traité sur la mâture des vaisseaux.
— Son arrivée à Bourbon : il sauve tout seul un navire appartenant à la Compagnie. — Il est nommé capitaine. — Nouveau voyage aux Indes : il apprend l'art de la tactique et de la fortification militaire. — Siège de Mahé.
— Les radeaux de l'ingénieux malouin.— Traité de paix. — Il s'établit armateur à Pondichéry et s'associe au gouverneur, M. Lenoir. — Il fait fortune.
— Important service qu'il rend au roi du Portugal. — Distinctions qu'il reçoit. — Croisières. — Retour à Saint-Malo. — Son mariage avec M"" de la Franquerie. — Voyage à Paris. — Visite à Orry, contrôleur général des Finances. — Il est nommé gouverneur général des iles de France et de Bourbon. — Son portrait, d'après M"* de Montléztin. — Les deux gouvernements de la Compagnie aux Indes. — Mahé de la Bourdonnais quitte la France.
Bertrand-François Mahé de la Bourdonnais naquit, à Saint- Malo, le 11 février 1699. Son père s'appelait Jacques Mahé, sieur de la Bourdonnais, et sa mère Lidevine Tranchant de Prébois.
Le jour même de sa naissance, il fut baptisé en l'église cathédrale. Il eut pour parrain son oncle paternel, Mestre Bertrand Iftahé, conseiller et procureur du roi de la ville et communauté de Dinan, et sa marraine fut Guyonne Ribertière, demoiselle des Lauriers, dont une des rues de Saint-Malo rappelle aujourd'hui encore le nom patronymique. (1).
(1) Acte de baptême de Mahé de la Bourdonnais. Archives municipales, Saint- Malo. Voir notre pièce justificative N* 6.
Sa famille était fort aisée et de bonne noblesse. Mais dédaigneux delà particule comme l'étaient alors les gentilshommes malouins, le futur vainqueur de Madras se faisait appeler simplement du nom de Mahé.
Aussi, arrivé à Tâge de quarante ans, ignorait-il absolument s'il appartenait à la noblesse, ou simplement à cette fameuse bourgeoisie de Saint-Malo qui, du reste, avait reçu du roi le droit de porter l'épée et jouissait de tels privilèges, qu'elle s'estimait l'égale de la première aristocratie du royaume.
Quoi qu'il en soit, la famille Mahé, elle, se considérait comme noble et, pour cette raison, au mois d'octobre 1742, elle empêcha le cardinal Fleury d'adresser à notre illustre compatriote des lettres de noblesse, en récompense des services qu'il avait rendus à la Compagnie des Indes.
« En même temps, dit-il (1) à ce sujet, que son Eminence m'écrivait en des termes si flatteurs, elle donnait l'ordre de m'expédier des lettres de noblesse. Mais un de mes parents en empêcha l'expédition, en disant au ministre qu'elles m'étaient inutiles, parce que j'étais né gentilhomme. Je n'ai jamais consulté beaucoup les titres de ma famille et j'avoue, de bonne foi, que j'ignore absolument si ce parent avait tort ou raison. »
Dès sa plus petite enfance, le jeune Bertrand manifesta un goût prononcé pour le métier de la mer, et se trouva, du reste, à même de l'apprendre avec les meilleurs maîtres.
Alors, en effet, c'était l'époque où les corsaires malouins rapportaient de leurs brillantes croisières de somptueuses richesses, et certes leur retour triomphal était bien de nature à frapper l'imagination d'un enfant aux goûts aventureux.
« Les matelots vainqueurs font leur entrée par la Grande- Porte, sur des charrettes transformées en chars de triomphe ;
(2) Mémoire jusUiicatif de la Bourdonnais, écrit à la BasUUe.
ils jettent Tancre attachée à leur véhicule, devant le prochain cabaret. Là, le vin coule à flots ; on fait grande chère. Que tous les compatriotes entrent ! Ils sont invités au festin. Il y a de quoi les régaler tous. On a apporté quantité de poudre d*or de Rio-Janeiro. Les cruiades portugaises roulent sur les tables de jeu. On n*en veut pas conserver une seule ; peutêtre mourra-t-on dans la prochaine campagne. On fait frire des pièces d*or et on les précipite brûlantes sur la tète des passants (1). »
 ce moment, Témule du petit François de la Bourdonnais était Duguay-Trouin.t I^ grande réputation dcDuguay-Trouin, son compatriote, enflammait lo jeune marin, dit Mallet do la Brossière (2), et ce fût lui qu*ii se proposa comme modèle. »
Alors du reste lo célèbre Duguay était à Tapogéo do sa gloire, et vainqueur do Ulo Janeiro, il revenait en France (3), couvert de lauriors et chargé de butin dont la vente rapportait quatro-vingt-douxo pour cent aux intéressés (4),
On comprend, on ))réMcnco do pareils résultats, quelle faveur avait, & Saint Mnlo, la profession de marin, du haut en bas de réchcllo sociale. Tout lo monde était marin. Dans les familles les plus aisées, les garçons étaient embarqués, comme mousses, aussitôt après leur première communion.
Ainsi, un curieux manuscrit local constate que les garçons de Saint-Malo n'étalent Jnmols plus de sept ou huit ù suivre le catéchisme do la seconde communion (5).
(1) Voir miinuiicrU do In prUn do ttlo-Jnnotro. C. G. 380. (Archives de Saint- Malo.)
(2) Klogo (lo Mnli<^ do In tlotirdniittnU, In lo IH janvior 17KH, h la SocliHi^ Uoynlc, parMnllot do In tlrnNNi^i'o, niifiooii^ lU* In Hoi'liHtMloyHlo do imWlocino ot dos cercles dos phlladolphofi du Onp, ntiolott iiiiWloolii du roi dnns so marine et ses colonlos.
(3) Le 13 novombro 1711.
(4) Archives do In Mnritio. rnrls, 11. 1. 117.
(5) Manuscrit inUluK** MHiunh IvH uHh /loiir /ri/ri« auvc tèle et untformtti le caléchtême des garçonii pI thn f\\Wn ih SiîInt'Mato, tlrtW' dos originaux, par MM. Le Gallals, du llnniolf Loruiis» Sillon et iiutros priHros catéchistes MDCCXXCIX.
EXFAKCE ET DÉBCTS 41
Le jeane Bertrand suivit donc le sort commun, et à Fâg^ de dix ans, il fit son premier voyage dans les mers dn Sud.
Ce premier voyage ne fit qoe l'enraciner dans sa vocation maritime et, à Tâge de quatorze ans, il s'embarqua de nouveau en q[ualité d'enseigne, sur un vaisseau fidsant route pour les Indes Orientales et les îles Philippines.
Durant ce voyage, il se lia avec un savant Père jésuite que le hasard avait fait son compagnon de route.
Ce jésuite le prit en affection et lui enseigna les mathématiques. Ses progrès furent rapides, grâce autant à sa vive intelligence qu'à son travail opiniâtre.
Bertrand, en effet, dès cette époque, commença à prendre l'habitude de commander au sommeil. Dans son énergie quasi surhumaine, il trouva le secret de ne s'y livrer que lorsqu'il voulait, et de s'éveiller précisément à l'heure qu'il s'était fixée. Jamais, raconte-t-il dans ses mémoires, il ne se permit plus, dès lors, un sommeil consécutif de plus de deux ou trois heures.
Après ces deux premiers voyages, il en fit un troisième, dans les mers du Nord, durant les années 1716 et 1717.
Son quatrième voyage, qui eut lieu en 1718, eut pour but les mers du Levant.
L'année suivante, Mahé de la Bourdonnais, en qualité de lieutenant en second, s'embarqua pour la première fois au service de la Compagnie des Indes.
En 1723, devenu lieutenant en premier, il fit voile à nouveau vers rinde, pour le compte de la Compagnie, à bord de VArgonautCf et, pour occuper les loisirs de la traversée, il écrivit un remarquable traité sur la mâture des vaisseaux.
Au xviii* siècle, les vaisseaux ne ressemblaient en aucune façon à ce qu'ils sont aujourd'hui ; ils ne ressemblaient même que fort peu à nos navires à voiles, caboteurs ou longcourriers.
Rien de plus gracieux et de plus majestueux à la fois qu'un
navire de cette époque ou des siècles précédents. Chefd'œuvre (1) de la science mathématique qui avait tout disposé pour sa vitesse et la rapidité de ses évolutions, il était encore décoré par la peinture et la sculpture. Sa poupe surtout était remarquable ; très élevée, elle s'arrondissait à sa partie inférieure et diminuant, suivant une courbe harmonieuse, elle avait à peu près la forme d'une lyre. Plusieurs élégantes galeries couraient dans sa largeur ; des festons dorés, des panneaux ouvragés l'entouraient, encadrant le tableau du milieu qui portait une peinture ou quelque bas-relief. C'était tantôt un sujet chrétien, l'image de la patronne du navire ; plus souvent, au siècle de Louis XIV, un sujet mythologique ou allégorique.
« L'arrière était la partie honorable du vaisseau, la demeure du capitaine et des officiers ; elle avait pour ainsi dire un caractère sacré.
« L'avant, terminé d'ordinaire par quelque figure, était moins honorable et moins orné.
« Le pont était garni de canons ; il y avait deux ou trois pièces à l'avant et à l'arrière. Sur ses bords viennent s'attacher les innombrables cordages qui soutiennent la mâture et servent d'échelles pour grimper à son sommet ; tous ont leur utilité et leurs noms... »
C'est cet admirable mâture des jolis vaisseaux d'autrefois qui forme l'objet du savant traité de Mahé de la Bourdonnais. Oui, certes, admirable mâture I sur laquelle les voiles blanches se tendent et se gonflent, se carguent et se déploient, comme de grandes ailes d'oiseaux, au gré de la manœuvre qu'exécutent les petits mousses et les matelots, bercés à la fois par le roulis des vagues et les chansons de la brise.
Arrivé aux abords de l'île Bourbon, Mahé de la Bourdon-
<1) L'abbé Poulain, précité : pages 149 et 156.
nais rencontra un bateau en détresse, chargé d'une riche cargaison, et que son équipage songeait à abandonner.
Ce vaisseau, appelé le Bourbon, appartenait à la Compagnie des Indes.
Désireux de se signaler auprès de celle-ci, notre hardi marin fit mettre un canot à la mer, et avec ce frêle esquif, tout seul, il se rendit jusqu'à Tîle de France, d*où il ramena un vaisseau qui put bientôt mettre le Bourbon en état de continuer sa route.
En récompense de cet héroïque sauvetage, il fut promu capitaine en second.
C'est avec ce grade, en 1724, qu'il repartit pour les Indes, et cette fois encore il sut utiliser la longueur de la traversée, en apprenant de M. Didier, ingénieur du roi, Tart de la tactique et de la fortification.
Arrivé à Pondichéry, il trouva les vaisseaux de la Compagnie commandés par M. de Pardaillon, tout prêts à aller mettre le siège devant Mahé, place importante qu'il fallait enlever aux naturels du pays.
Aussitôt il demanda comme une faveur de faire partie de l'expédition, ce qui lui fut accordé.
Arrivés devant Mahé, les Français rencontrèrent mille obstacles imprévus, craignant même de ne pouvoir débarquer, en raison des abords difficiles de la côte et de la présence de l'ennemi.
Alors, l'ingénieux malouin inventa un système de radeaux fort curieux, radeaux bastingués avec des balles de coton et couverts d'une sorte de pont qui, abritant les troupes, leur permit de débarquer en bon ordre. Ces radeaux pouvaient porter chacun jusqu'à trois cents hommes et une pièce de canon. Une vieille estampe qui se trouve au musée de Saint-Malo en a conservé la curieuse physionomie.
Cependant, le siège traînait en longueur. Alors, Mahé de la Bourdonnais proposa à M. dç PardaiUon dç simuler les prç-
paratifs d'un incendie général des habitations de la côte. La ruse réussit pleinement ; les Indiens effrayés livrèrent leurs ville, sans plus de retard (1).
Une fois la paix conclue, l'aventureux malouin résolut de rester dans l'Inde, et — le premier de tous les Français — il y fît des armements, pour son compte personnel.
S'associant avec M. Le Noir, gouverneur de Pondichéry, il fréta un navire sur lequel il partit pour le Bengale, d'où il rapporta une très grosse fortune.
Dès lors il continua à naviguer à la fois pour son compte personnel et celui de la Compagnie. Ses relations commerciales s'étendirent à tous les points les plus reculés de l'Inde. Sa richesse, toujours plus grande, atteignit bientôt un chiffre considérable, pouvant rivaliser avec ces colossales fortunes américaines qui font aujourd'hui notre étonnement et que nous sommes, malgré nous, toujours portés à vouloir ranger dans les merveilles des Mille et une Nuits.
Comme Mahé de la Bourdonnais se trouvait en Arabie, il fut à même de rendre au roi de Portugal un immense service.
Il ramena jusqu'à Moka deux de ses vaisseaux qui allaient périr. En outre, ce fut grâce à son intervention que ces deux vaisseaux purent mener à bonne fin la délicate mission qui leur était confiée.
Cette mission consistait à rapporter au roi de Portugal le riche tribut que lui avait promis l'iman Yemen. Or, au dernier moment, une très vive discussion s'engagea entre Arabes et
(1) Telle est la narration habituelle que donnent, sur le siège de Mahé, la Bourdonnais et la plupart de nos historiens. Nous devons à la vérité de déclarer que de nos renseignements pris aux archives coloniales du Ministère de la Marine, il semble résulter d'une façon incontestable que le siège de Mahé n'aurait, au contraire, duré qu'un jour, et que cette place fut prise à la suite d'un combat sanglant dirigé par le chevalier de la Farelle qui ne mentionne même pas le nom de la Bourdonnais. Archives coloniales (273) et mé' moires du chevalier de la Farelle sur la prise de Mahé, mis en ordre par Lennel de la Farelle, 1887, Paris, librairie maritime et coloniale.
Portugais. Uhabîle malouin, s'interposant, se fît choisir comme arbitre, et son arbitrage sauva le tribut du roi de Portugal.
Celui-ci, en reconnaissance, lui envoya la croix de Tordre du Christ, des lettres de noblesse et une commission de capitaine de vaisseau.
Se rendant à l'avis de M. Le Noir, Mahé accepta le tout, et bientôt, au nom du roi de Portugal, il se disposa à aller reprendre Monbaze, dont les Arabes s'étaient emparés, en 1631.
Pendant qu*à Goa on préparait l'expédition, l'infatigable malouin s'en alla faire quelques croisières Contre les Angrias, hardis pirates qui, sur de longues barques de quarante à cinquante rames, infestaient alors les côtes de Malabar.
Cependant l'expédition contre Monbaze n'ayant pu aboutir, Mahé de la Bourdonnais se décida à quitter le service du roi de Portugal et se disposa à retourner dans son pays natal.
Ayant donc réalisé sa fortune qui était considérable, il s'embarqua pour Saint-Malo, au milieu de Tannée 1733.
Il y arriva, précédé par le récit de ses magnifîques prouesses et de ses colossales richesses, le tout grandi encore par le mirage de Téloignement;
Aussitôt, il fut à Saint-Malo le héros du jour. Tous les salons les plus aristocratiques s'ouvrirent devant lui ; toute la société malouine lui fît force avances. Songeant alors à se marier, il jeta les yeux sur une jeune fîlle charmante, distinguée et d'excellente famille, nommée Marie-Anne-Josèphe Lebrun de la Franquerie.
Celle-ci agréa sa demande et le mariage fut célébré en grande pompe en Téglise cathédrale.
Mahé, pendant un an, ne songea qu'à son bonheur ; après quoi il alla faire un voyage à Paris et se présenta à Orry, contrôleur général des fînances, et à M. de Fulvy, commissaire du roi près la Compagnie des Indes.
Ceux-ci qui cherchaient alors un homme capable de coloniser rîle de France et faire prospérer notre commerce aux Indes, furent frappés d'admiration aux récits du hardi navigateur tout cousu d'or. Us comprirent vite qu'ils étaient en présence d'une intelligence supérieure, dont les projets audacieux et les ingénieuses conceptions devaient assurer la gloire et la fortune de leur Compagnie.
Ils firent donc part au cardinal Fleury et à M. de Maurepas de l'aubaine merveilleuse qui leur était ainsi tombée soudain du ciel.
Enthousiasmé à son tour, le Ministre de la Marine s'empressa de faire signer au roi un décret nommant notre illustre compatriote gouverneur général des îles de France et de Bourbon (1734).
Voici ce dernier au faîte des honneurs et de la prospérité.
Sa jeune et gracieuse épouse lui donne le bonheur du foyer et les joies de la famille. Sa fortune est considérable ; il est partout choyé et comblé d'honneurs.
Disons ici, d'après les souvenirs de sa fille M™*^ de Montlézun, quel devait être son polirait :
« Il était, dit-elle dans une lettre à Bernardin de Saint-Pierre, le chantre poétique de l'île de France, l'auteur inspiré de Paul et Virginie, un homme de taille médiocre, atteignant tout juste cinq pieds et quelques lignes : de peu d'embompoint et d'une tournure élégante ; il avait de beaux yeux noirs, les sourcils également noirs, le nez long et la bouche un peu grande ; l'air vif, spirituel et enjoué. Sa principale vertu était l'humanité. »
Tel était le portrait de l'illustre malouin, au moment où il va jouer un rôle si prépondérant, aujourd'hui si oublié, dans l'histoire coloniale de la France.
Cependant, à la date du 2 décembre 1734, les sieurs François Castanier et Louis Boivin d'Hardancourt, directeurs de la Compagnie des Indes, prêtèrent serment, entre les mains
du garde des sceaux, conformément à l'article 10 de Tédit du mois de novembre 1733, qui portait création d'un conseil supérieur à l'île de France. Ce serment était prêté par eux, au lieu et place de Mahé de la Bourdonnais, tenu à ce serment en sa qualité nouvelle, tant de gouverneur général des îles de France et de Bourbon, que de premier président du Conseil résidant dans ces deux îles.
Alors la Compagnie des Indes avait deux gouvernements dans l'Inde :
1° Le gouvernement de Pondichéry^ ayant sous sa dépendance la ville de Pondichéry où résidait un conseil supérieur dont le gouverneur était président, ainsi que trois comptoirs particuliers : Mahé sur la côte de Malabar, Karikal sur la côte de Coromandel, Chandernagor sur le fleuve du Bengale.
C'est, à la tête de ce gouvernement de Pondichéry, que Mahé de la Bourdonnais va trouver Dupleix, qui va bien vite devenir son rival.
2° Le Gouvernement de Bourbon et de Vile de France,
Comme Pondichéry, chacune de ces îles possède un conseil supérieur dont, comme gouverneur, Mahé devient le président.
Nous voici au commencement de 1735.
Mahé quitte alors Paris pour rentrer à Saînt-Malo. A Saint- Malo, il s'embarque pour l'île de France, où il arrive avec sa jeune femme, au mois de juin de la même année.