‹ Mahomet; drame en cinq actes, en versChapitre 78 sur 83 · ABOU-BECKER, MAHOMET · texte numérisé non relu

ABOU-BECKER, MAHOMET

ABOr-BECKER.

Quel est donc ce secret, Prophète ?... Parle... achève.

MAHOMET, cherchant à se reniellre.

Ayesha... non !

ABOL'-BECKER.

Eh hien ?

^'on, ce n'est pas un rêve ! Ayesha... ce qu'elle a dit tout à riieure, là... Oui, oui, je me souvic:is... Oui, j'ai souffert cela ! J'avais peur, j'avais [)eur, moi! Sans pouvoir répondre, Je sentais tout mon cœur frissonner et se fondre. Et je voyais, je vois encore maintenant, L'archange formidable au fond du ciel tonnant.

(Coups de tuniierre au loin.) ABUU-BECKER.

Reviens à toi, mon fils; la fièvre, le délire, T'ont surpris un instant.

Il faut donc tout te dire :

Elle fut criminelle et s'en fait gloire après!

ABOU-BECKER

Âli ! ciel ! ne me dis pas cela; je la tuerais 1

Tu ne la tueras pas, car l'opprobre suprême Est en moi !... Cette femme...

ABOU-BECKER

Ah ! malheureux !

MAHOMET, baissant la tète.

Je l'aime !

Je l'aime, juste ciel! Juste ciel, je l'aimais !

(il se ciiche le visage de ses mains.]

— Père, depuis quinze ans, j'ai fait ma rude tâche, Sans plainte, sans verser une larme : — C'est lâche! — Eh bien, père, la loi commune me soumet...

(U découvre son visage.)

Viens voir comment sont faits les pleurs de Mahomet ! Est-il donc vrai qu'ainsi toute grandeur échoue? Mon âme, i'àmé humaine est donc faite de boue ?

— Qui donc me défendra contre moi? Quel pardon Puis-je attendre à présent?

ABOU-BECKER

Le mien d'abord.

MAHOMET, allant au fond.

Vois donc !

(On entend ou dehors des lamentations lointaines. )

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