‹ Mahomet; drame en cinq actes, en versChapitre 8 sur 83 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ABOU-BECKER

Aucun de nous n'est assez fort ;

Mais cela finira.

HASSAN

Peux-tu nie dire comme?

ABOU-BECKER, se levant.

Peut-être. Parmi nous, il peut surgir un homme, Quelque rude guerrier qui nous mette d'accord, Et nous fasse, au liesoin, tremljler tous, moi d'abord Nous en avons besoin tous. Chrétiens, Juifs, Arabes, Et je le dis à tous sans compter mes syllabes. Tout va bien, pensez- vous quand vous avez bien bu. Cependant le désordre est dans chaque tribu, Le pillage, le vol, le meurtre, Fincendie, La bassesse, la haine avec la perfidie, Les immondes plaisirs, le mal fait ou rêvé, Les crimes .dont le nom n'est pas encor truuvé 1 Notre courage meurt en ces honteuses tâches. Les aigles du désert disent : où vont ces lâches ? Nos fils vaudront encor moins que nous ne valions. Et le mépris de l'homme est dans Wv'û des lions !

JONAS, rinnt et Luvajit.

Si je te comprends bien, tu rêves un Messie? Je bois donc au succès de cette prophétie: A ton tyran futur, candide Abou-Becker !

ABOU-BECKER, tirant son iioignard.

Ton insolence, Juif, tu vas la payer cher !

JOXAS, tirant aussi son poignard.

Viens ! mon couteau saura, d'une façon certaine, Si la peau d'un Arabe est une bonne gaine !

YEZID, vivement, en remplissant les coupes.

Du sang... Non, non ! du vin! Vingt coupes, c'est trop peu.

TOUS, buvant et gesticulant.

Oui, buvons !

YEZID, ivre comme les autres.

Maintenant, si nous mettions le feu?

Brûlons cette maison I Brûlons la Mecque, comme Je ne sais quel César, plein d'esprit, lit de Rome I

AB()U-Iii;CKER.

Malheureux, arrêtez! perdez-vous la raison!

YÉZlD.

Non, je paierai la ville et paierai la maison. Prenez des torches, tous 1

FOLS, se levant.

Oui, oui ! brûlons la ville !

YÉZID, ivre.

Une ville est d'ailleurs nue chose inulile ;

Une tente sullit à l'Arabe guerrier.

Gomme au lion son antre, au renard son terrier.

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