ACTE CINQUIEME
ABUU-BKCKER.
Te tuer ?
Me H'uérir !
ABUL-BECKER
Quoi! c'est pouf Ayeslia que cette chose arrive?
Quoi ! tu sais que je Taime et tu veux que je vive ! Tiens, regarde! Ce ciel, ces nuages en feu, Semblent me faire signe et m'attirer vers Dieu ; La voix de Touragan, ce tonnerre qui gronde. Semblent me crier : Viens, toi qui veux fuir le monde ! Car la foudre et les vents savent que j'ai raison.
ABOl-BECKER .
Non, mon fils, non. Jespère...
(il prend la coupe, va au fond et la présente aux éclairs qui se croisent. )
Éclair, bois le poison !
Feu divin, feu sauveur, brûle de Ion baleine Le breuvage de mort !
(Un éclair terrible tombe près de lui.) MAHO.MET, avec joie, regardant la coupe.
La coupe est toujours pleine!
Mon père, à ton appel les cieux. sont restés sourds. Tu vois, je peux mourir I
ABOU-BECKER
^'on, j'espèfe toujours :
Ce que l'un n'a pas fait, qu'un aulre éclair le fasse ! Orage où Dieu se montre à l'Iiomme face à face, Plus près, plus près de nous lance tes Huches d'or ! Jugez-nous, cieux profonds !
(Un autre éclair tombe.) MAHOMET, regardant avec la même joie.
La coufie est pleine encor !
ABOU-BECKEll.
Pour la troisième fois...
Assez! je te l'oi-donne; Tu le vois Ijieu, d'ailleurs, l'orage t'abandonne.
(La foiulre et les nuages s'éloignoiit. Le ciel redevient serein. Mahomet boit la coupe.)
Viens, ange de la mort! obéis; sois soumis, Toi qui m 'obéissais contre mes ennemis ! Viens, j'4tends!
ABOU-BECKER, tombant à genoux.
Ail ! douleur !
MAHOMET, lo relevant.
(jue ton àme soit forte, Mon père !
(Allant au fond.)
Maintenant, qu'on ouvre à tous la porte