‹ Mahomet et la CoranChapitre 11 sur 50 · PREFACE. XXI · texte numérisé non relu

PREFACE. XXI

quelques autres figures brillent au dessus de la sienne : celle de Moïse, qui a été également chef et législateur d'un peuple, ou celle du Bouddha, d'une incomparable douceur, qui ne se dément point un seul instant, incurablement triste, mais sereine, même en face du néant. J'écarte celle du Christ, qu'il nous est si difficile de juger, parce que nous en sommes éblouis, rayonnant d'un éclat surhumain que nos regards ne peuvent soutenir, idéal bien digne de ce monde grec et romain, qui ne l'a pas conçu, mais qui seul l'a compris et propagé.

Mahomet n'est pas certainement de cet ordre; et s'il s'agissait d'assigner des rangs, il serait au dernier et au moindre. 11 a encore toutes les passions de la terre, bien qu'il parle au nom du ciel. La plupart du temps, ces passions sont élevées et très-nobles ; mais elles sont toujours trop mondaines, et l'on ne commande guère aux hommes, sur ces hauteurs sacrées, qu'en cessant à peu près complètement d'être homme soi-même. Mahomet l'est beaucoup trop pour un fondateur de religion. C'est le malheur de sa situation et de son temps. Plus haut, il fût sans doute resté inaccessible.il est placé exactement à ce niveau abaissé et moven où ses

compatriotes pouvaient l'entendre et le suivre. Mais pour nous, si sa doctrine est irréprochable, sa vie ne l'est pas ; et tout en étant bienveillants et justes

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