XXVI PREFACE
adulte repousse des vêtements qui ne peuvent plus le couvrir. A ce mélange obscur d'imagination et de poésie, de symboles et de demi-raison, qui forme en proportions inégales tout système religieux, l'esprit humain substitue la pure lumière de la science, qu'il a rendue infaillible. La religion est un état transitoire qu'il a définitivement traversé; il marche à des destinées nouvelles ; et soit qu'il garde encore quelque gratitude envers les croyances qui ont abrité son berceau, soit qu'il rompe violemment avec elles, quand elles veulent appesantir sur lui et continuer leur joug suranné, désormais il n'en a plus besoin ; il est émancipé. Il s'avance dans sa virilité et son indépendance, débarrassé de langes qui ne sont plus bons que pour rignorance ou l'hypocrisie.
Sur quelle métaphysique repose cette condamnation des religions, depuis les plus infimes jusqu'aux plus savantes? La voici.
Toutes les religions ont en général le tort de croire ta quelque chose en dehors de ce monde ; elles rêvent pour Ihomme une autre existence après celle-ci, et elles lui forgent des espérances chimériques. Le dieu qu'elles se figurent, et qu'elles présentent à l'adoration des crédules humains, n'existe point. Dieu se confond avec le monde; Dieu n'est que le Grand -Tout ; il est la substance et la vie de chacun