PREFACE. XXIX
impuissance, qu'il a prise, chemin faisant, pour de la force.
Ces théories sur les religions sont aussi fausses que dangereuses; et la raison, en voyant les principes sur lesquels on prétend les appuyer, pourrait les trouver sacrilèges, tout aussi bien que l'orthodoxie catholique.
On doit remarquer d'abord que ces théories ne sont pas absolument neuves, ni par conséquent aussi audacieuses qu'on se le figure complaisamment. Elles s'imaginent qu'elles continuent la philosophie allemande, dont les nuages ont aveuglé bien des yeux et tourné bien des têtes parmi nous. Mais cette prétention à la nouveauté n'est pas plus fondée que le reste. Ces doctrines ne viennent ni d Hegel, ni de la Critique kantienne. Elles peuvent faire remonter leur généalogie un peu plus haut. Elles sortent en droite ligne du Système de la nalare^ qui paraissait anonyme et à l'étranger, voilà justement cent ans. Sauf le langage et l'érudition, ce sont absolument les mêmes idées ; il n'y a de modifié que la forme et le style. D'Holbach a exposé en termes prolixes et moins bons, quoique plus populaires et moins abstraits, tout ce qu'on nous répète aujourd'hui sur l'origine et l'inanité des religions, sur Dieu dont il nie l'existence, ne
reconnaissant que la réalité du monde, auquel il a