‹ Mahomet et la CoranChapitre 17 sur 50 · XXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE

adressé aussi des hymnes, admirant avec fanatisme et délire la nature en sa puissance et dans son ordre merveilleux, la divinisant comme le font nos Critiques contemporains, et ne laissant pas davantage d'espérance ou de liberté à l'âme de l'homme, qui doit périr. Ce n'est donc pas quelque chose de très-neuf qu'on nous apporte; c'est la doctrine de d'Holbach qu'on nous représente, sans peut-être y penser, un peu changée de couleur mais identique au fond. Au lieu de condamner ainsi tout le passé, il eût donc fallu en excepter au moins le collaborateur de Diderot. Puisqu'on recueillait son héritage, il était assez convenable de ne pas le proscrire, même en compagnie de Descartes et de Platon. C'est une inadvertance, dont il aurait le droit de se plaindre comme d'une ingratitude.

Du reste, peu importe qu'une théorie soit récente ou ancienne ; tout ce qu'on lui demande, c'est d'être vraie. Or, celle-ci est de tous points insoute, nable ; elle est en opposition complète avec les faits les plus manifestes et les moins controversés.

En réalité, les religions n'existent pas uniquement au berceau et au début de l'humanité. On voit des religions qui périssent et d'autres qui naissent à leur place, leur succédant parce qu'elles sont meilleures. Mais on ne voit pas un seul jour, un seul instant, la religion manquer à l'esprit bu-

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