‹ Mahomet et la CoranChapitre 8 sur 50 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

fît au combat de Ohod, où il fut vaincu et couriît risque de la vie. Mais cette nouvelle carrière n'était pas celle qu'il eût jamais rêvée ; il n'était pas naturellement guerrier ; il n'avait point cherché à le devenir, même quand il suivait tout jeune ses oncles à la guerre, encore bien moins quand il gardait les troupeaux, ou qu'il errait sohtaire sur le mont Hira, et que, dans une de ses hallucinations extatiques, il voyait l'ange Gabriel venir déposer le Coran sur son cœur.

On n'a point remarqué suffisamment cette circonstance dans la carrière de Mahomet. Oui, personnellement il s'est cru prophète ; il a cru de toute l'impétuosité de son âme à sa mission, et il a eu raison de se prendre parmi ces peuples barbares pour un instrument de Dieu. Mais ce n'est pas sa volonté propre, ce n'est pas la convoitise de son ambition qui en a fait un général et un conquérant. Des événements extérieurs plus forls que lui et qu'il ne pouvait prévoir, l'ont précipité. 11 s'est trouvé sans le savoir, sans le vouloir, le plus grand homme de guerre de son pays, le politique le plus habile, et il a fondé un empire presque malgré lui. C'est que tout était prêt dans le monde arabe, auquel il s'adressait, pour la révolution politique, aussi bien que pour la résurrection morale. Toutes ces peuplades jusque là divisées étaient disposées à se

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