‹ Mahomet et la CoranChapitre 9 sur 50 · PRÉFACE. XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XVII

réunir, sans qu'elles-mêmes en eussent plus de pressentiment que le propliète. La croyance religieuse devint le germe et le centre de cette fusion, ébauchée déjà par Cossayy, qui allait constituer un peuple à la place de hordes errantes. Le peuple, l'empire, la religion naquirent du même coup. Ce fut Mahomet qui frappa ce coup glorieux, sans se douter jusqu'à quel point son action allait s'étendre. Une voulait que proclamer une religion ; il se trouva qu'il organisait à la fois une nation et un puissant état. Le Coran, qui révèle toute la pensée morale de Mahomet, ne porte pas trace, pour ainsi dire, d'une pensée politique. Il combat avec fureur l'idolâtrie qu'il abhorre; il ne paraît pas un seul instant soupçonner que les croyants vont tout à l'heure former un peuple redoutable. Ce sont là des secrets que les yeux humains ne discernent point, tout sagaces qu'ils peuvent être. Mahomet est fort grand ; mais son regard n'a pas plongé jusque-là , et il faut l'imagination d'un poëte tel que Voltaire pour lui prêter, à mille ans de distance, des desseins qu'il n'a jamais X^onçus.

C'est là ce qui explique la conduite de Mahomet dans les dix dernières années de sa vie. 11 est contraint de faire la guerre ; mais il la fait à contrecœur, quoiqu'il la fasse quelquefois avec toute l'énergie de sa nation, en même temps qu'avec une

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