‹ Mahomet et le Coran précédé d'une introduction sur les devoirs mutuels de la philosophie et de la religionChapitre 18 sur 47 · AUTHENTICITÉ DS L'HISTOIRE DE HAHOMET · texte numérisé non relu

AUTHENTICITÉ DS L'HISTOIRE DE HAHOMET

prophète au siège de Médine, cinq ans avant sa mort.

C'est le quatrième volume* de Tabari, extrait en majeure partie des ouvrages d'Ibn-Ishâc et de Vâckidi» Mais, outre l auLonlé nouvelle qu'il coniVire à ces biographes en les répétant, Tabari donne aussi des informations qu'on chercherait vainement ailleurs. Cependant il ne faut les employer qu'avec précaution, parce que Tabari est un partisan pioiioncé d'Ali, et qu'il n'est pas toujours impartial envers les Ommyades et pour tout ce qui les concerne.

Ainsi le Coran, les six collections sunnites et les quatre biographies que je viens de nommer, telles sont les sources principales de Thistoire du mahomélisme à ses débuis. Il y en a aussi quelques autres moins importantes, que je passe sous silence pour ne pas allonger ces détails outre mesure*. MM. W. Muir, Â. Sprenger et Nôldeke, déclarent que toules les aulorités qui dépassent la dynastie des Abnssides n'ont presque aucun poids à côté de celles-là ; et une saine critique doit nécessairement approuver cette opinion \

* n manque encore la partie du récit qui doit s'étendre du siège de Médine à la mort de Mahomet. l\ est probable que ces morceaux existent toujours, et que quelque rival heureux de M. A. Sprenger parviendra à les reu ouvci liaiis i Inde.

* Voir M. Noldeke, Histoire du Coran, préface, pages xvii et suivantes.

^ Il est clair que ceci ne peut pas s'appliquer aux ouvrages postérieurs, (}u;uh1 ils citent des auteurs anciens. AiiT^i lo Dictionnaire bioqra])Jiique des Compagnom,fîir\\m Ilidjr, n'en e>î p.ts ii.oins précieux, quoiqu'il ait été fait huit cent cinquante ans après riléj,'ire, «juand il donne des extraits des premiers biogi^apbes, Ibn Ocba, Abou Ma shar, etc.

44 MAliÛMET, CUAriTUË I.

Après les Abassides (750-1258), il n'y a plus licD à recueillir des traditions primitives, et tout ce qu'on peut faire, c'est d'en iiuculer de nouvelles, qui sont trop souvent aussi extravagantes qu'elles sont fausses. Mais, grâce aux aulorilùs des premiers lemps, on peut atteindre , avec une sâreté satisfaisante, à la vérfté liisiorique. Si Ton ne sait pas encore de Mahoiuet tout ce que notre curiosité voudrait en apprendre, tout ce que Ton en sait est assez aulheuliquc pour qu*on puisse sy fier presque sans aucune chance d'erreur.

Je veux analyser, du moins en partie, une de ces biographies musulmanes, afin qu'on sache précisément ce qu'elles valent. Je choisis iialurellement celle d'Ibn-Hishâm. Elle est la plus célèbre et la plus complète de toutes ; elle est la plus ancienne aussi de celles qui sont parvenues jusqu'à nous. De plus, elle a gardé la presque totalité du texte d'ibn-lshac; et par la, en une seule œuvre, elle nous en présente deux, précieuses par leur date et par leur exactitude. M. Gustave Weil, quia déjà si bien mérité de Thistoire du mahoméiisme, vient d'en publier une traduction en allemand S et c*est d'après cette traduction que je

< L'oumge de H. 6. Weîl, en allemand» forme deux volumes in-iS» de 390 et 364 pages, Stuttgart, ISftf, JHu Jjeiben Uùhammed^ê nach Mohammeé^llm-lsMc , bearbeUit wm Abd-eU-Maiik-lhi'HishâM, Le premier comprend de la naissance de Uahomei h 1q bataille contre les . Bénou-Souleima ; le second, depuis rexpédition de Sawik jusqu*à la mort de Mahomet. L'ouvrage est dédié & H. le professeur J. Staehelin» qui en a fait généreusement les frais. H. Wustenfeld avait donné anti^rieurement le texte arabe du Siraf-ef'^'açfiui»

AUfH£MIiCiT£ D£ L'UISTOIRË D£ MAHOMET. 45

vais résumer la composition du Sirut-er-i açaul^ ou Vio du Prophète.

Ibn-Uishâm, qui se donne à lui-môme le iiire de grammairien, déclare d'abord comment il compte traiter l ouvrage de son prédécesseur. 11 le connaît par le récit de Ziyad-Ibn*Abd-Allah Albakkaidj, qui Tavail entendu directement d'ibn-Ishâc lui-même. Avec Taide de ce livre, il se propose de raconter la » généalogie et la vie entière du prophète en renioniaiil * à Ismaêl, tiis d'Abrabam. Mais il ne s arrêtera» parmi les descendants d'Ismacl , qu'à ceux dont est sorti Mahomet, et il se bornera ensuite à ce qui regarde uniquement la vie de l'Envoyé de Dieu. «Aussi, dit-il, je laisserai de côté dans le livre d lbn-lshàc, toute digression qui ne se rapporte pas à Mahomet, tout récit dont on ne peut retrouver l'origine dans le Coran, et qui n'a aucune relation à l'Écriture, soit pour la prouver, soit pour i'éclaircir. J éliminerai en outre les vers cités par Ibn-Ishâc, toutes les fois que ces vers ne sont pas reconnus par les autres écrivains versés dans la littérature poétique. Enfin, je rcpous* serai toutes les choses qui peuvent être odieuses à raconter, ou nuire à la réputation de quelqu'un, ou même dont la certitude n a pas été confirmée par Albakkaidj ; mais je conserverai absolument tout le reste, en le contrôlant par Tensemble de la tradition et par la connaissance que je pourrai avoir personnellement de cei tains faits. »

Fidèle à ces règles de critique, Ibn-Ilishàm déroule

46 IfAHOMET, CHAPITRE 1.

In descendance d'Ismaêl, d'après lbn>lshâc, appuyé de Ziyad-Ibn-Abd-Allah Albakkaïdj. Il interrompt la liste des douze fils dlsmaêl, pour rectifier le nom de Tun d'eux que, selon lui, Ibn-Ishâc ne doiuie pas trèscori^ctemcnt. Chaque fois qu'il fait une rectification ou une addition, il se contente de celle formule : « Îbn-Iiishàm dit » ; et il reprend ensnite, selon son » iuibiiude : « Ihn-Isiiàc dit ». Les deux iivies se déve- ' loppent donc côte à c6le, en s^enchevètrant l'un dans l'aulre, et cet entrelacement ne cesse qu avec la fin de tous deux, La généalogie, dans tous ses détails et conîpieiiant deux parties, ne remplit pas moins de cent pages avant d'arriver à la naissance du prophète^ filsd'Amîna. Ibn-Ishâc et Ibn-Hishâm s'arrôtent assez longuement a l'éducation de Mahomet et à son mariage avec Khadidja, et la troisième partie de l'ouvrage va jusqu'à ses premières visions prophétiques. La quatrième s'élend de la conversation que Mahomet eut en réve avec lange Gabriel, jusqu à la première émigrar tion en Abyssinie. Cette partie comprend la conversion de Kliadidja, celle d'Ali, le premier croyant parmi les hommes, celle de Zeîd, fils de Hâritha, le second croyaiil, celle d'Abou-Becr et de ses amis. La conversion du fameux Omar, rapportt'e dans la dnquièéie partie, ne vint qu un peu plus tard. Le Sirat-er-raçoul en donne deux versions, lune d'après les gens de Médine, et l'autre d'après les gens de la Mecque. La sixième partie commence {>ar le voyage nocturne de

Mahomet à Jérusalem, la mort de Kliadidja, la con- «

Page 1