AUIHEMTI(3TÊ DE L'HISTOIRE DE MAHOMET
version des six Khazradjs de ïaihrib, les deux réunions sur la Colline, les serments reçus par M)ihoniet| la fuite à Médine, où l'avaient précédé ses plus fermes adhérents, etc., etc.
Tous ces témoignages sur les commencemeuls de rislam sont d'autant plus sArs qu'Ibn-Ishâc, mort au milieu du second siècle de rilégire, n a le plus souvent entre lui et le propiiète que deux ou trois témoins, qu'il désigne toujours n ominalivemenl. C'est ainsi qu'en racontant la vocation de Mahomet il s'appuie sur ce que lui a dit Az-Zoului, lequel tenait le fait d'Ourva, fils d'Amrbeir, lequel le tenait d'Ayésha, la fennne que Mahomet a le piub aimée après Khâdicija, et qui, toute jeune encore, reçut son dernier soupir. Quand Ibn-Ishâc parle de l'Hégire ou de la fuite à Médine, c'est encore d'après les mêmes autorités. Ayésha, la mère des cioyaiils, avait raconté le départ de son mari avec Aboo-Becr à Ourva, fils d'Azzoubeïr, lequel lavait redit à un autre homme digne de foi, lequel Uavait redit à ibn-lshàc lui-même. De cette manière, la tradition remonte toujours jusqu'au prophète en personne, et comme le trajet est assez court, il y a peu de risque qu'elle s'égare. Pour les derniers moments de JUahomet, c'est encore Ayésba qui dépose; elle a rapporté tous les détails à Oubeid-AUah, lequel les a transmis à Zouhri, qui à son tour les a transmis à lakoub, fils d'Otbé ; et c'est de Iakoub que les tient ibn-lshâc, dont le récit est confirmé par Ibn-Hishâm.
Les deux auteurs poursuivent ainsi leur carrière en
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4S MAHOMET, CHAPITRE I
ne né^licfcanl aucun épisode de la vie du prophète, indiquant avec la plus pieuse exactitude la source d'où ils rempruntent, et le reproduisant ayec toutes les variantes, quand il y en a dans les UùdUhs. C'est comnie un réseau h mailles serrées, et il est bien diflicile que la vérité leur échappe. Tout dévots qu ils sont, ils ne sont pas très-crédules, et te Sirat-er-raçoul, en restant Irès-près de la légende, n a presque pas de faits invraisemblables ou impossibles. Ibn-Ishftc et Ibn-Hishâm sont enthousiastes; mais ils ne sont pas aveugles, et l'hisloire la plus raisonnable peut se coaleuier en général de leurs recils, où loul est d'ailleurs parfaitement classé, régulier, simple et clair.
Ce qui y ajoute encore un très-grand prix, c'est que la narration est à chaque inslaul relevée par des citations poétiques qui jettent le plus grand jour sur les événements et sur les mœurs des Arabes à celte époque. Ibn-Ishâm, très-scrupuleux en sa qualité de grammairien, n'a cru pouvoir admeltre les citalions qu'après un examen critique; on peut s'en fier à lui. C'est tout à la lois et l'histoire du prophète et Phisloire de la poésie arabe de son temps.
Je ne pousserai pas plus loin Taiialyse duSirat-erraçoul. On peut voir maintenant ce qu il est, et les deux écrivains frères, à qui on le doit, prendront rang désormais parmi les autorités les plus hautes de rbistoire de Mahomet.