JUGEMENT SUR LE MAIIOMËTISME
mis d'en douter ; et co. sont là des questions où, couiine le dît M. W. Muir, il est bien difficile pour des regards huiuaiiis de pénélrer. De nos jours, les Wahabitesont essayé de réformer l'Islam, et ils n*ont pas songé à se faire chrétiens. L'islamisme a pour lui le fait; il a germé sur une terre où la foi chrétienne n*avait pu s'implanler. Les juifs non plus n'ont pas é(é convertis ; et^ selon .toute apparence, l'Arabie sans Mahomet serait demeurée à jamais plongée dans les ténèbres de ridolàtrie, ainsi que Test encore une grande partie de l'Afrique.
Mais où je suis pleinement d'açcord avec M. William Muir, o'est quand il dit .que « Mahomet et le Coran, Tauteur de l'Islam et l'inslrument de son succès, sont des sujets dignes de la plus sérieuse ' attention ;* et quil se déclare amplement payé de ses longs travaux s'il a pu contribuer, dans un de* gré quelconque, à les faire mieux juger l'un et ^autre^ »
Quant à M. G. Weil, son opinion est hautement en faveur du Mahométisme, et ce n est pas moi qui la cûinbaKrai : « La docli iric de Dieu el des saintes destinées deThomme, dit M. G. Weil, préchée par Ma* homet dans un pays qui était livré à la plus brutnle idolâtrie, et qui avait à peine une idée de Timmor- (alité de l'Ame, doit d'autant plus nous réconcilie^
* M. William Muir, TIw Ufe of Mahomet, t. IV, p. S^i. C'est par là (\\w Tautciir lemiiiie les savants et assidus 4al>eurs qu'il a consacrés au loudateur de i'islambme.
fSÙ MAHOMET, CHAPITRE Yî.
avec lui, malgré ses faiblesses et ses fautes, que sa
\ie parliculière ne pouvait exercer sur ses adhérents aucune influence fàcheusç. Loin de se donner jamais pour modèle, il voulut toujours qu'on le regardât comme un être privilégié, ù qui Dieu permettait de se mettre au-dessus de la loi commune ; et, de fait, on Ta considéré de plus en plus sous ce jour spécial. Nous serions injusiçs et aveugles, si nous ne reconnaissions pas que son peuple lui doit encore quelque autre chose de vrai, de bon et de bien. Il a réuni en une seule giande nation, croyant fralernelleraent à Dieu, les tribus innombrables des Arabes jusque-là ennemies euUe elles. A la place du plus violent arbitraire, du droit de la force, et de 'la lutte individuelle, il a mis un droit inébranlable, qui, malgré ses imperfections, forme toujours la base de toutes les lois do Tislamisme ; il a limité la vengeance du sang, qui avant lui s'étendait jusqu'aux parents les plus éloignés, et il la bornée a celui-là seul que les juges reconnaissaient pour le meurtrier. 11 a bien mérité surtout du beau sexe, non-seulement en protégeant les tilles contre l'atroce coutume qui les faisait souvent immoler par leurs pères, mais, en outre, en protégeant les femmes conlre les pareiUs de leurs maris, qui en. héritaient comme d'une chose malûi ielle, cl en les défendant contre les mauvais traitements des liommes. 11 a restreint la polygamie en ne permettant aux croyants que quatre femmes légitimes, au lieu de dix, comme c^était
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l*usage, sur(out à Médinc Sans avoir entièrement
émancipé les esclaves, il leur a été utile et bon de bien des manières Pour les pauvres, il a nonseulement recommandé toujours la bienfaisance à leur égard; mais il a iurmellcmenl établi un impôt en leur faveur, et il leur a fait une part spéciale dans le bulin elle tribut. En défendant le jeu, le vin et toutes les boissons enivrantes, il a prévenu bien des vices, bien des excès, bien des querelles el bien
des désordres Quoique nous ne regardions pas
Malionnet comme un vrai prophète, parce qu'il a employé, pour propager sa religion, des moyens violents et impurs, parce qu'il a été trop faible pour se soumettre lui-même à la loi commune, ei parce qu'il s*appelait*le sceau des prophètes, tout en déclarant que Dieu pouvait toujours remplacer ce qu'il avait donné par quelque chose de mieux, il a le mérite néanmoins d'avoir Inil pénétrer les plus belles doctrines de l'Ancien et du Nouveau Testament chez un peuple qui n'était éclairé par aucun rayon de la foi, et il doit à ce titre paraître, même à des yeux non mahomélans, un envoyé de Dieu*. »
Pour ma part, je ne vois pas trop ce qu'il y aurait à reprendre dans ce jugement de M. 6. Weil. Je ne veux y ajouter qu'un seul et dernier trait : la lecture du Coran, toutétrange qu'il est, loin d*ébranler jamais la confiance de personne en Dieu, ne peut que la raf-
* M. G. Wcïif Mohammed der P/ ophet, p. 400 cl suiv.
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fermir el la fortiiicr encore, nièine dans les âmes les plus croyantes. La conviction de Mahomet est de celles qu aucune autre lie dépasse, il en est de plus pure, sans doute, et de plus éclairée ; il n'y en a pas de plus
sincère m de plus puissante.
EXTMITS DU CORAN
lUADUCTÏUiN i)L SAVAUY
EL FATIHA