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BRÉZÉ, GÉNÉRAL DES GALÈRES A VINGT ANS

Gondi qui la poBSédiaient depuis 1598 et il eu avait investi le dit Pontcourlay. Mais celui-ti était loin de lui donner satisfaction.

A cette époque, nos affaires navales n'allaient pas très bien en Méditerranée où Pontcourlay se montrait incapable. Les galères de France n'avaient pu empêehev celles d'Espagne, sous le commandement de leur général Garcia Toledo duc de Femandina, d'efftectuer le 13 septembre 1635 un débarquement dans tes lies de Lérins : Saiht-Honorat et Sainte-Marguerite. Pontcourlay <c n'avait su rieh déjouer ». Il n'avait pas réussi davantage, par manque d'autorité, à régler les « brouillerieS » entre les capitaines et les officiers du régihient des galères, les premiers ayant obtenu un blâme pour « l'Impudence » de leur général et ayant été réintégrés dans leur emploi malgré lui.

L'archevêque de Bordeaux, Escoubleaux de Sourdis, sauvait alors dans le Ponant l'honneur de nos escadres. Puis il passait en Méditerranée et, dans une opération mixte, aidait le comte d'Harcourt à reprendre les îles de Lérins dont l'attaque s'était déroulée entre le 27 mars et le 6 mai 1637, jour où le gouverneur Miguel Perez de Egea capitula.

Mais à ces succès, Pontcourlay n'avait pris nulle part. Il essaya donc de se racheter en engageant le combat avec les galères de Sicile et d'Espagne aux ordres du lieutenant général Rodrigo Gutierrez de Velased. Cette affaire, qui eut lieu le 1®^ septembre 1638, fut des plus Sanglantes : « L'égalité des escadres dicta à Fratiçois de Pontcourlay son ordre de bataille, que le marquis de Grimaud, en chaloupe, alla porter partout : A chaque galère d'aborder un bâtiment adverse : une seule décharge et aussitôt les grappins d'abordage î « è^ar^ember, » puis « s'arrisser ; » l'adversaire uAe folé réduit, on porterait secours à ses voisins. Toute la huit dii 21 août au l^^^ septembre, les troupes furent sous les armes. A l'aube, l'escadre s'ébranla vers Gênés afin de gagner le vent, que l'ennemi tâchait

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de garder en courant la même terre à tontes rames, « à passe-Yogne ». L'action se déroulait assez près de Gènes pour qu'on pût la suivre du phare de la LÛiteme.

Ce fut incontestablement une victoire française. De la flotte espagnole, quatre galères seulement restaient en état de combattre. Six galères, la capitane, les patronnes, l'étendard, huit cents combattants, des centaines de forçats restaient entre nos mains. Dans cette sanglante bataille où les coups se tiraient à brûle-pourpoint, les Espagnols avaient perdu quatre mille hommes, nous moitié moins.

Malgré ce succès auquel il était peut-être un peu étranger, le marquis de Pontcourlay encourait six mois après la disgrâce du cardinal. La lettre suivante indique les raisons mises en avant par Richelieu pour lui retirer sa charge. Elles sont de plusieurs ordres. D'abord, celles qui tiennent à la dépense : « J'ai été importuné de tant de divers lieux, de favoriser la demande que vous faites, de certains extraordinaires que vous désirez avoir sur les galères, que je prends la plume pour vous dire que je ne sais sur quoi vous fondez votre prétention. Je ne doute pas que la plus grande raison que vous ayez est celle de votre nécessité ; mais comme elle est causée par votre mauvais ménage, je ne suis pas résolu d'importuner le roy pour y remédier, ce seroit tirer d'un sac deux moutures. Au reste, si on permettoit aux chefs des charges d'en demander les deniers revenans bons, ce serait leur donner lieu d'en faire tout autant que bon leuR semblerait et empêcher par ce moyen que le roy ne fût servi. »

Le cardinal reprochait en outre à Pontcourlay ses fautes de service. « Si vos galères avaient toutes été à la mer, en ce cas on pourrait faire en sorte, auprès du roy, de vous faire accorder quelque gratification, mais n'y en ayant eu qu'une partie et qui encore n'y ont demeuré que fort peu de temps, il ne serait pas raisonnable que le fonds qui reste entre les mains du

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trésorier soit employé de cette sorte. Je vous prie aussi de vous détromper de la pensée que vous avez, que vous puissiez jamais disposer des deniers de votre charge autrement que conformément à l'état du roy, qui vous en sera envoyé. Je n'en use pas autrement en la charge de la mer et tous les chefs des charges en font ainsi. Je ne sais sur quel fondement vous prétendriez avoir plus de prérogative. La seule chose que vous avez à faire est de régler votre maison en sorte que vous puissiez vivre de ce que vous avez. Si étant à Marseille vous ne pouvez subsister de cinquante mille livres, tout le bien du monde ne vous suffirait pas. »

Il lui reproche ensuite ses réformes inutiles :, « Une des premières choses que vous avez à retrancher en votre dépense est l'extraordinaire du papier et des courriers. Je suis si las de vous voir faire des propositions de réformation, sans en avoir aucune, que je vous prie de ne me repaître plus de telles espérances. Cependant, je vous assure que, pourvu que vous changiez de vie, je suis encore tout prêt d'oublier le passé. »

Mais, sans doute parce que Pontcourlay ne voulait pas tenir compte de ses avis, Richelieu n'oublia rien. Il le destitua et, le 20 mai 1639, nommait à sa place son autre neveu, Jean Armand marquis de Brézé, qui n'avait pas vingt ans. « J'envoie le marquis de Brézé pour commander les galères cette année, » écrivait-il au prince de Condé. Ajoutons que, cette année 1639, Richelieu eut plus encore qu'à l'ordinaire à se plaindre de Pontcourlay qu'aigrissait la perte de son commandement. Le 10 juillet, Bouthillier mandait à de Noyers, de la part de la duchesse d'Aiguillon, qu'elle le priait de s'occuper des déplorables affaires de son frère. Le 3 août, nouvelle lettre de Bouthilliers à de Noyers : « Si vous ne faites que M. le cardinal mette la dernière main à l'affaire de M. le marquis Dupont, je ne vois pas qu'il en puisse sitôt sortir... Vous savez que cette partie est pour payer quelques-uns de ses créanciers de Paris qui

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pre^s^i à outrance ceux qui ont répondu pour lui... Il ne touche pas un téton... Sa vaisselle d^ai^ieat eat en gage à Avignon, i Enfin, le 21 octobre, la duchesae d'Aiguillon écrivait à Chavigni que son chagrin de» extravagances de son frère était tel qu'elle risquait d'en perdre la tête.

Ainsi, le principal reproche que le cardinal adrea3e tant au maréchal qu'à Pontcourlay, c'est d'avoir dépensé trop d' aident, c son » argent ou plutôt celui qu'il prenait dans les caisses du Trésor, car Richelieu, dans ce siècle de vénalité, a eu la main lourde quand il s'est agi de fixer ses émoluments : c De son propre aveu, il n'avait, lorsqu'il entra au service de la reine mère (1617) que 25 000 livres de rente en bénéfices ecclésiastiques et il en avait hérité autant en bien-fonds, à la mort de son frère. En 1634, ses revenus étcdent déjà, d'après un inventaire notarié, de 502 707 livres ; dans les années suivantes, ils dépassèrent 3 millions de livres dont la moitié fournie par l'Église. Il s'était fait construire à Paris un hôtel, le Palais Cardinal, qui lui avait coûté près de 10 millions. Il avait dépensé des sommes considérables pour son château de Richelieu en Poitou ; il possédait un autre château, sa résidence favorite, à Rueil, aux environs de Paris.

Quand il parle du grand ministre, des Réaux remarque : a Le cardinal était avare; ce n'est pas qu'il ne fit bien de la dépense, mais il aimait le bien. M. de Créqui ayant été tué d'un coup de canon en Italie, il alla voir ses tableaux, prit tout le meilleur au prix de l'inventaire et n'en a jamais payé un sol... Il ne payait guère mieux les demoiselles que les tableaux. Marion de l'Orme alla deux fois chez lui. Après ces deux visites, il lui fit présenter cent pistoles par des Bournais, son valet de chambre, qui avait fait le marché. Elle les jeta et se moqua du cardinal. »

Les lettres qui précèdent confirment l'opinion qu'il n'aimait pas les dépenses inutiles. Or, l'oncle n'avait

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