‹ Maillé-BrézéChapitre 9 sur 44 · RÉZÉ, GÉNÉRAL DES GALÈRES A VINGT ANS · texte numérisé non relu

RÉZÉ, GÉNÉRAL DES GALÈRES A VINGT ANS

Disgrâce du maréchal et de Pontcourlay Richelieu n'aime pas les gaspillages.

Deux événements précipitèrent à cet égard l'ascension du jeune Brézé : ce fut la disgrâce du maréchal, son père, et celle de Pontcourlay, son cousin.

Richelieu, très jaloux de la gloire de sa famille, ne pardonnait pas les affronts que son beau-frère avait infligés à sa sœur Nicolle. Lors des funérailles pompeuses de « feue Madame la Mareschale », le panégyrique qui avait été prononcé sur sa tombe par Févêque de Nîmes avait fait sourire ceux qui connaissaient certaines manifestations de maladie de la « grande Nicolle » et la façon dont son mari la traitait. Richelieu avait été ulcéré.

Il admettait encore moins les largesses du maréchal en faveur de la Dervois. Il lui en fit l'observation, celui-ci le prit de très haut et exerça ses « boutades » sur le dos du grand ministre. Urbain, qui devenait de plus en plus* « extravagant », n'avait plus qu'à démissionner. Il s'attira du cardinal cette lettre, datée d'Abbeville le 11 août 1638 (1) dont on ne saurait trop souligner la sévérité :

« Mon frère, une lettre m'apprend votre peu de santé, votre peu de bien et la résolution que vous

(1) Tome VI, page 83.

avez prise. Le premier défaut dépend de votre constitution naturelle et des excès que la passion de la chasse vous a* fait en votre jeunesse. Le second doit être attribué au mauvais ménage de votre maison, ou aux dépenses que vos prédécesseurs ont faites, servant les roys. Pour ce qui est de votre résolution, votre seule humeur en est cause.

« Comme je ne puis être responsable du premier de vos maux puisque qu'il n'y a que Dieu qui donne la santé, vous ne devriez pas, ce me semble, me reprocher le second, vu les grands biens que je vous ai faits, ou que vous avez reçus, par mon moyen de la grâce du roy, et le mauvais état auquel étaient vos affaires lorsque vous êtes entré en mon alliance avec les beaux titres dont vous me parlez, mais si peu de bien qu'entre ce dont vous jouissez et ce que vous aviez alors, il y a différence de beaucoup à rien.

« Eti quittant ces quartiers, vous aurez voiilu (Juitter mon amitié. »

Cette dernière phrase laisse supposer que le marèohal avait plus ou moins abandonné son armée. La colère dé Richelieu éclate dans la fin de cette missive qui fait allusion au mauvais caractère de Brézé et le mot est dit qui consacre la « rupture » entre son beaufrère et lui :

« Je consens, . quoique mal volontiers, à la rupture que vous faites avec moi, et sans me repentir des biens que vous ne reconnaissez pas, et dont vous jouisses, je ne veux plus avoir de commerce avec vos inégalités et vos boutades. »

.La retraite du maréchal fermait au jeune marquis dé Brézé les portes de l'armée où leâ candidats aux grands commandements ne manquaient pas. Par contre, la carrière navale lui restait ouverte.

Le cardinal avait déjà poussé dans cette voie le fils de sa sœur aînée, le sieur Vignerod dont il avait fait un marquis de Pontcourlay. Il avait pour lui, en 1635, acheté la charge de général des galères aux

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