L^ ARMÉE DU PONANT A LA ROCHELLE
et expérimenté capitaine breton ». Menillet, excellent officier d'état-major.
Mais ces hommes vont se heurter à forte partie avec les équipages des galions. Du fait de la possession depuis des siècles d'im empire sur lequel le soleil « ne se couchait jamais » et des relations maritimes régulières que la Maison d'Autriche avait nouées avec le Nouveau Monde pour l'exploitation de ses richesses, la marine d'Espagne, comme son infanterie, passait pour invincible. Elle était montée par des officiers et des marins formés par la pratique d'une navigation hauturière incessante et l'escorte des riches convois marchands. Le matériel de cette flotte était éprouvé et entraîné. Ces hommes, qui avaient presque tous doublé le cap Horn pour aller chercher l'or du Pérou, avaient leur navire bien en main et ils savaient s'en servir.
Le désastre, à peine oublié, de 1' « invincible Armada » avait donné aux états-majors de Sa Majesté catholique la soif d'une revanche qu'il leur semblait facile de prendre sur la jeune marine de Richelieu. Mais, justement parce que les unités de cette flotte étaient plus modernes, plus manœuvrantes, moins lourdes d'une façon générale que des galions, Richelieu attendait qu'elles fissent merveille sous les ordres de Brézé, secondé par les meilleurs a capitaines de mer » de son temps. Le duel qui s'engageait entre les galions ou galères de France, duel qui durera pendant toute la guerre de Trente ans, est comparable à celui qui mit aux prises les deux infanteries française et espagnole et cette lutte terrestre et navale va connaître un sort analogue. Car la flotte, comme l'infanterie française tirée du néant ou régénérée par le génie de Richelieu, aura raison des « vieilles bandes » et des robustes galions, sous le haut commandement des deux beauxfrères : Condé et Maillé-Brézé.