II; ch. 52, p. 198-204: cf. ch. 6S, p. 3o
tant dans l'essence divine, mais sont des manifestations même de son essence (').
Donc, Dieu est l'Un absolu. Les attributs dont parle l'Ecriture désignent des manifestations de l'activité divine, et non une multiplicité dans l'essence suprême. Car qui dit attribut dit composition, et qui dit composition dit corporéité. Il ne faut d'ailleurs pas prendre littéralement les qualités que les prophètes allîrment de Dieu, car « l'Ecriture s'exprime selon le langage des hommes (') ». L'auteur, ensuite, entre plu- avant dans l'examen des attributs d'action ou transitifs ( ').
La diversité des actions n'implique pas la multiplicité dans l'agent. De ce que le feu blanchit, noircit, brûle, liquéfie, etc., il n'y a pas lieu de lui attribuer autant de qualités spéciales : c'est par la seule chaleur qu'il produit ces effets différents. Pour manifester son activité en des opérations fort variées, la Raison n'en est pas moins une. Par conséquent, on peut admettre des actions diverses de la part de la divinité tout en posant la simplicité absolue de son essence.
D'aucuns prétendent qu'il y a des attributs dont on ne conçoit pas que Dieu soit dépourvu et qui. pourtant, ne peuvent être comptés au nombre de ses actions. Ces attributs sont : vivant, puissant, sachant, voulant. A quoi l'on répondra : si par « savoir » l'on entend « se percevoir soi-même », vie et science ne faisant qu'un en Dieu, il n'y a pas là deux attributs distincts : si par science on entend celle que Dieu a des choses créées, il n'y a pas lieu d'ériger la science en attribut essentiel, pas plus que la puissance et la volonté, attendu que ces attriJmts ren-
1. Ib ,p. 204. Quand l'Ecriture et les docteurs parlent des « qualités morales » de Dieu, cela ne signitie pas quil possède ces qualités, mais qu'il produit des actions semblables à celles qui chez nous émanent de qualités morales, c'est-à-dire de dispositions de 1 ame, non pas que Dieu ait de pareilles dispositions; voir ch. 54, p. aiS et suiv