‹ Maïmonide (volume 2)Chapitre 25 sur 94 · Ib., ch · texte numérisé non relu

Ib., ch

treiit dans k classe des attributs d'action ou de rapport. Beaucoup s'imaginent obtenir une conception réelle de Dieu, en portant à la perfection la vie. la puissance, la science, la volonté, conçues d'après le mode humain. Mais ce nest là qu une homonymie, n'y ayant aucune similitude entre Tessence divine et la nôtre. « Il n'y a pas plus de rapport entre Dieu et les créatures qu'entre la science et la douceur, quoique cette dernière soit du genre supérieur de la qualité (•),). Donc, il ne saurait exister une définition commune à Dieu et à l'homme, donc on ne saurait désigner par un nom commun les attributs de Dieu et les attributs de l'homme (-).

Après avoir combattu ceux qui voient dans la vie, la science, la puissance et la volonté des attributs essentiels de Dieu, Maïmonide s'applique à montrer qu'on ne saurait même pas admettre comme attributs de Dieu Vexistence, V unité et l'éternité {').

L'existence est un accident survenu à ce qui existe, elle est accessoire à la quiddité {'). Mais pour Dieu, dont l'existence n'est pas causée, dont l'existence est nécessaire, son existence est son essence (') et son essence est

I. Cf. Spinoza, Ethique, scolie de la prop. i; : , Lentendement et la volonté qui constituent l'essence de Dieu devraient difierep toto caelo de notre entendement et de notre volonté, et n'offriraient pas plus de rapport que le chien, signe céleste, et le chien, animal aboyant >.

2 Ch. 56. La différence ne consiste pas dans le plus 'ou le moins, elle n est pas en degré mais en nature : cf. ch. 35, p. i3i. 3. Ch. 5: ; cf. ch. 65, p. 289

4 Cette distinction entre la quiddité dune chose et son existence est due a Av.cenne. Toutes les choses se trouvant dans la première cause qui les connaît davance, la quiddité des choses est antérieure à leur existence laquelle, par conséquent, est un accident de la guiddité : voir Munk' Guid,: I, p. 23i. note i ; Carra de Vaux, Avicenne, p. 264.

5. Cf. I, ch. 6S, p. 302. Cf. leçodé ha-Torah, II, 10: ^«,7 Chapitres, ch 8 Cf. Spinoza, Cogit. Métaph , II. 4, § 3 : « Vis, qua Deus in suo esse persévérât, n.hil est praeter ejus essentiara ; unde optimi loquuntur, qui Deum v.tam vocant. Xec desunt theologi qui sentiant. Judaeos hac de causa nempe quod Deus sit vita et a vita non distinguatur, quum jurabant dixisse : vivus Jehova, non vero vita Jehovae : at Joseph, quum per vitam Pharaonis jurabat, dicebat : vita Pharaonis ».

son existence. Donc il existe, mais non par l'existence ; et, de même, il vit mais non par la vie, il peut mais non par la puissance, il sait mais non par la science (').

L'unité, en tant qu'accident, ne saurait être attribuée à Dieu, être réellement et absolument simple. L'unité n'est pas une chose ajoutée à son essence, il est un. non par' l'unité. Le lang'age humain trahit la pensée : pour indiquer que Dieu n'est pas multiple, nous sommes forcés de recourii' au mot un, quoique l'un et le multiple fassent tous deux partie de la quantité. Pour éviter l'équivoque, on a employé l'expression : un, non par' Vunité.

Il en est de même pour le qualificatif d'éternel. Là encore le mot fausse l'idée, attendu que le mot éternel enveloppe un rapport avec le temps, lequel est un accident du mouvement qui compète au corps. Or Dieu n'a pas de corps, il est au-dessus du temps (■). De plus, ce mot exprime une relation par rapport à ce qui n'a pas toujours été ; or Dieu ne saurait être mis en relation avec rien (').

Les seuls attributs C[ue nous soyons en droit de formuler par rapport à Dieu sont des attributs négatifs. Les attributs affirmatifs désignent toujours une partie du sujet, soit une partie de sa substance, soit un de ses accidents, tandis que les attributs négatifs ne nous font rien connaître de l'essence (').

De Dieu nous ne saisissons rien sinon qu'// est, mais

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