Ch. 58, p. 24;; cf. 59, p. aSo
4. Rien de plus choquant que d'accumuler les épithètes à l'égard de Dieu. Maimonide s'ap[)aie du passage suivant du Talmud 5fraA-(;//i, SB"" : « Quelqu'un, se trouvant en présence de Rabbi 'Ilanina, commenta ainsi sa prière : « O Dieu grand, puissant, redoutable, magnifique, fort, révéré.
De Texistence nécessaire de Dieu résulte sa simplicité pure. Il est impossible que cette essence simple ait des attributs. Dire que Dieu est une essence renfermant des idées nombreuses qui seraient des attributs, c"est appliquer le nom de Dieu à un pur non-étre (').
En face des qualités ou des émotions que l'Ecriture attribue à Dieu, il faut toujoui^ se rappeler la parole rabbinique : (( L'Ecriture s'exprime selon le langajje humain ». Lliomme a une tendance naturelle à anthropomorphiser. De là des épithètes appliquées à Dieu qui indiquent la corporéité. en vue d'exprimer son existence. De même, tout ce que nous concevons comme une perfection nous le conférons à Dieu, bien que cela ne soit une perfection que par rapport à nous ; car. pour lui, tout ce que nous regardons comme des perfections est une extrême imperfection (-).
Les termes dont la Bible se,sert à propos de Dieu sont de pures métaphores, des artifices pour élever les esprits à une connaissance approximative de Dieu. On a dû recourir à l'idée de corporéité pour faire comprendre qu'il existe, à l'idée de mouvement pour donner à entendre qu'il est vivant, etc. (^).
Tout ce qui est attribué à Dieu se distingue de nos attributs sous tous les rapports, si bien qu'il ne saurait être question d'une définition commune, ainsi qu'on l'a expli-
imposant... » Le docteur rinterrompit. s'écriaiit : « As-tu achevé toutes les louanges de ton Seig-neur? Hé quoi! même les trois premiers attributs, si Moïse ne les avait pas énoncés dans la Loi (Dt., X, i;) et que les hommes de la grande Synagogue ne les eussent fixés dans la prière, nous n'oserions pas les prononcer; et toi." tu en enfiles toute une série! Permets une comparaison : >'e serait-ce pas faire insulte à un roi de condition humaine qui posséderait des millions de pièces d'or que de l'exalter pour ce qu'il possède de pièces d'argent '? » La louange qui convient le mieux à Dieu, c'est selon la belle parole du psalmiste, l'adoration muette (Ps , 65, 2) ». Voir I, ch. 09, p. 2.')'5 et suiv.