‹ Maïmonide (volume 2)Chapitre 35 sur 94 · Ib., p · texte numérisé non relu

Ib., p

6. III, ch. i3, p. 96; ch. Î.5, p. 201. ;. I, ch. -6, p. 454-

lune. A l'intérieur de cette sphère il y a une matière qui a re(;u quatre formes primitives. d"où sont nés quatre éléments : la terre, l'eau. Tair. le feu. Ces éléments n'ont ni vie, ni perception, ni mouvement spontané (').

Il en va tout autrement des corps célestes. Les corps célestes sont vivants et animés. Il ne faut pas assimiler les sphères aux autres forces purement physiques qui sont une nature et qui sont inconscientes ; les sphères sont conscientes et libres (^'-). Il n'y a en elles aucun principe d'inertie, elles ne subissent aucun chang-ement si ce n'est dans la position, douées qu'elles sont de rotation ('). Ce mouvement circulaire est déterminé par une idée. Or l'idée suppose un intellect : par conséquent, la sphère est douée d'un intellect. Mais ni l'àme par laquelle on se meut ni l'intellect par lequel on conçoit l'objet ne suffisent à produire la réalité du mouvement : il faut qu'à cela se joigne un désir de l'objet conçu^ D'oii il résulte que la sphère a le désir de se rapprocher de ce qu'elle a conçu, de l'objet aimé, c'est-à-dire de Dieu. C'est ainsi que Dieu met en mouvement la sphère céleste par l'attrait qu'il exerce sur elle. Les sphères ont donc en elles-mêmes les causes efficientes de leur mouvement, à savoir leur âme et leur intellect ; leur cause finale c'est Dieu. Au vrai, les causes de tout mouvement des sphères sont au nombi-e de quatre : la sphéricité de la sphère, son àme, son intellect et l'Intelligence pure (^).

Les sphères ditl'èrent sous le rapport de la vitesse et de

1. Leur mouvement, qui est la gravité ou la légrèreté. e^t une nature (cpùc'.ç) et non pas une àme; voir Aristote, Du Ciel, I, 2; III. 2: IV. 3.

2. Guide, II, ch. 7, p. ~5. Averroès professe la même théorie: cf. Renan, A^^erroès et V Ai-'erroisme (Paris, iSiJi), p. 121-122.

3. C'est là le mouvement le plus simple que le corps puisse posséder ; il ne survient aucun changreraent ni dans son essence ni dans 1 epanchement des bienfaits sur le monde sublunaire ; Guide, II, ch. 4- p. 53 ; cf. I, ch. 72, p. 36i et siiiv. Les sphères célestes et les astres fixés dans ces sphères n'éprouvent ni modificajion ni variation: ib., l, ch. 11. p. Sg.

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