‹ Maïmonide (volume 2)Chapitre 51 sur 94 · Cf. Guide, 1, ch. ;3, p. 388 et suiv.; ch. 74, p · texte numérisé non relu

Cf. Guide, 1, ch. ;3, p. 388 et suiv.; ch. 74, p

3. La détermination est la particularisation dans la forme, le lieu, le temps, etc. : pourquoi un objet a t-il plutôt telle tigure que telle autre, pourquoi est-il apparu à ce moment plutôt quà tel autre?

4. Les quatre éléments ont leurs rég^ions propres, ce sont des sphères qui s'enveloppent. La terre est entourée par Teau, celle-ci par Tair, et l'air parle feu, voir plus haut; cf. Phraiqne d'.A.ristote, IV, ch. 5: Du Ciel, IV. 5.

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dispositions diverses. La partie la plus voisine de la périphérie a reçu de celle-ci une impression de subtilité et de mouvement rapide et se rapproche de sa nature, de sorte quelle a reçu la forme de feu. Mais à mesure que la nature se rapproche du centre, elle devient plus épaisse et plus opaque.

On peut encore poser à Aristote la question suivante : Puisque toutes les sphères ont une matière commune et qu'elles ditTèrent les unes des autres quant à la forme, qui donc a particularisé les substrats et les a disposés pour recevoir des formes diverses ? Qui donc, si ce n'est Dieu ?

Aristote sest efibrcé d'étendre aux sphères la nécessité qui régit le monde sublunaire : pas plus pour le monde supérieur que pour le monde inférieur il nadmet l'intention d'un être qui poursuit le but qu'il veut et qui détermine les choses à son erré. Il s'ingénie à expliquer : 1° pourquoi le mouvement de la sphère part de l'orient et non de l'occident : oP pourquoi telle sphère a le mouvement rapide et telle autre le mouvement lent ; 3'' pourquoi chacune des - planètes a plusieurs sphères, tandis que le grand nombre des étoiles fixes est dans une seule sphère. Il s'applique à expliquer toutes ces particularités dans le sens d'un ordre physique nécessaire. Mais il a échoué dans sa tentative. Car si ce qu'il dit des phénomènes sublunaires est systématique et conforme à la réalité, s'il peut affirmer que dans ce monde tout a lieu par une nécessité résultant du mouvement et des énergies de la sphère céleste, il n'a pu fournir aucune raison évidente pour ce qu'il dit de la sphère céleste, il n'a pas démontré que les sphères fussent soumises à la nécessité. Au reste. Aristote reconnaît lui-même que sa démonstration est loin d'être décisive ; en supposant à chaque sphère une intelligence pure, il use d'un expédient pour expliquer les mouvements particuliers.

Pour nous, au contraire, continue Maïmonide, qui professons la nouveauté du monde, l'explication de ces par-

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ticularités est facile. Nous posons, en effet, un être déterminant qui. pour chaque sphère, a déterminé comme il l'a voulu la direction et la rapidité du mouvement ; mais nous déclarons en môme temps ignorer le mode de la sagesse divine qui a fait naître telle chose de telle manière. Ce qui rend encore plus évidente l'existence de la détermination dans la sphère céleste, si bien qu'il faille supposer un être agissant avec intention, c'est la manière d'exister des astres. En effet, la sphère étant toujours en mouvement et l'astre restant toujours fixe, il en résulte que la matière des astres n'est pas la même que celle des sphères. Mais qui donc a pu réunir ensemble ces deux matières qui diffèrent sensiblement et qui donc a préparé cette union ? Autant de choses impossibles si l'on tient pour la nécessité, autant de choses simples si Ton admet un créateur qui agit avec intention.

A moins qu'on ne demande encore : Quelle est la cause de ce dessein ? — Tout ce qu'on sait, en somme, c'est que tout cela a lieu pour une raison qui nous échappe, mais que, néanmoins, ce n'est pas une œuvre inutile ni due au hasard. Gomment donc un homme intelligent pourrait-il s'imaginer que les positions des astres, leurs mesures, leur nombre et les mouvements de leurs sphères diverses soient sans raison ou la résultante du hasard? Il n'y a pas de doute c[ue cet ordre ne soit l'effet d'un plan et il n'est pas de plus grande preuve du plan que la variété des mouvements des sphères et les astres fixés dans les sphères. S'il y a dans le monde sublunaire tant d'objets divers, quoique la matière en soit une, c'est qu'ils ont été particularisés sous l'effet des 'forces célestes et des différentes positions de la matière à l'égard de la sphère céleste, comme Fa enseigné Aristote. Mais pour ce qui est des diversités qui s'observent dans les sphères et les astres, qui a pu les particulariser, si ce n'est Dieu? — Les intelligences pures, direz-vous ! — Mais ces intelligences ne sont pas des corps de manière à occuper une position à l'égard de la sphère. Pourquoi, dès lors, le

mouvement d'attraction de chaque splière vers son intelligence pure, telle sphère le ferait-elle vers rorient et telle autre vers l'occident ? Croyez-vous que telle intelligence soit à l'occident et telle autre à l'orient? Pourquoi encore telle sphère serait-elle plus lente et telle autre plus rapide, sans même qu'il y eût en cela une suite régulière en rapport avec leur distance respective les unes des autres? II resterait que c'est la nature même de telle sphère et sa substance qui l'ont déterminé à se mouvoir vers tel côté et avec tel degré de vitesse. Et c'est en elTet ce que dit Aristote.

Nous voilà donc revenus à notre point de départ, et nous disons : Puisque toutes les sphères ont une seule et même matière, d'où vient la nature particuUère de chacune d'elles, nature qui les distingue l'une de l'autre ? Ne faut-il pas nécessairement quelque chose qui les particularise?

Cela nous conduit à examiner deux questions :

1'' De l'existence de cette diversité est-on fondé, oui ou non. à conclure que tout se fait nécessairement par le dessein d'un être ayant une- intention, et non par nécessité ?

2° Supposé que tout soit dû au plan d'un être qui a ainsi particularisé les choses, est-on l'eçu à inférer de là que tout a été créé après n'avoir pas existé ? ou bien, faut-il admettre que cette particularisation existe de toute éternité?

Aristote croit et démontre que les êtres n'existent pas par l'elîet du hasard ('); ils ont une cause qui fait qu'ils sont nécessairement ce qu'ils sont. Cette cause a une deuxième cause, celle-ci une troisième et, ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on arrive à une cause première dont tout émane. ]Mais Aristote ne croit pas pour cela que l'existence du monde résulte nécessairement du Créateur à la façon d'une fatalité aveugle : il admet que Dieu est la

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