‹ Maïmonide (volume 2)Chapitre 52 sur 94 · I. Guide, II, cb. 2o · texte numérisé non relu

I. Guide, II, cb. 2o

cause conscitMite du inonde, comme l'intellect est l'efficient de l'intelligible, qui, en tant qu'intelligible, est nécessairement pensé et compris par l'intellect. Mais il n'y a pas là l'idée d'un dessein. Cette idée comme celle de détermination ne s'appliquent qu'à ce qui n'existe pas encore et qui peut exister ou ne pas exister tel qu'on l'a projeté ou déterminé.

Parmi les [)liilosophes modernes qui professent l'éternité du monde ('), certains admettent que Dieu est la cause du monde, dont il a préféré l'existence à la nonexistence, qu'il l'a fait avec dessein et déterminé tel qu'il est. Mais ils jugent inadmissible que cela ait eu lieu dans un temps plutôt que dans un autre ; ils estiment qu'il en a toujours été ainsi, attendu cpie l'action et la volonté de Dieu ne saurait être sujettes au changement.

Ces philosophes, à la vérité, ont changé le mot de « nécessité », mais ils ont Iai?5é subsister l'idée. Ce n'est pas là l'idée de dessein tel que nous l'envisageons : nous entendons dire que le monde n'est pas nécessairement émané de Dieu, comme l'effet sort de sa cause, dont il est tellement inséparable qu'il ne peut changer sans que la cause elle-même subisse un changement ou que. du moins, elle change à l'égard d'une de ses conditions. Le monde n'est pas une conséquence nécessaire de l'existence de Dieu, il est l'œuvre de sa libre volonté.

Examinons la question de la diversité dans le monde supérieur. Celte diversité a nécessairement une cause. Cette cause a-t-elle. par son existence même, motivé et rendu nécessaire cette diversité? Ou bien est-elle la cause eificiente et déterminative de'cette diversité ?

Pour Aristote, comme on l'a montré, tout est émané du suprême principe par nécessité, tandis que pour Maïmonide c'est Dieu qui a tout créé avec dessein et par sa seule volonté.

On admet comme démontré (') que : i" d'une chose

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