Cf. II. ch. 3a et
qu'il n'est intelligent qu'en puissance prochaine, semblable à un écrivain habile au moment oii celui-ci n'écrit point.
Ainsi donc, celui qui n'occupe jamais sa pensée de Dieu est pareil à quelqu'un qui est dans les ténèbres et qui n'a jamais vu la lumière. Celui qui perçoit Dieu et se donne à lui totalement est semblable à l'individu enveloppé de soleil. Enfin celui qui pense, mais qui en même temps a d'autres préoccupations, ressemble, au moment de ses préoccupations, à un homme plongé dans le brouillard qui ne reçoit pas les rayons du soleil en raison des brumes qui lui interceptent le jour (').
Finalité.
Un homme intelligent ne saurait soutenir qu'aucune action de Dieu puisse être vaine. Un homme intelligent peut-il admettre que les humeurs, les membranes et les nerfs de l'œil qui sont si sagement organisés et dont l'ensemble a pour but l'opéi^ation visuelle, soient un simple effet du hasard ? 11 y a là nécessairement une intention de la nature. Or la nature n'a ni intelligence ni faculté organisatrice ; cette disposition artistique émane d'un principe intellectuel, elle est l'ceuvi'e d'un être intelligent (-).
Toutes les actions de Dieu sont bonnes et utiles. C'est avec intention que Dieu a fait naître toutes les choses possibles telles que nous les voyons, sa sagesse n'a pas voulu qu'elles fussent autrement. Il n'y a rien qui n'ait sa raison d'être, peu importe que nous connaissions ou que nous ignorions cette raison. Il faut repousser l'opinion des Ascharites d'après qui Dieu ne fait aucun objet en vue d'un autre, il n'y a ni causes ni eflets, tout dépend du