‹ Maïmonide (volume 2)Chapitre 67 sur 94 · Cf. Gui Je, I, ch. 3i, p. i · texte numérisé non relu

Cf. Gui Je, I, ch. 3i, p. i

parmi elles un rapport stable, et qu'ainsi chaque individu puisse arriver à la perfection dernière.

Bref, c'est toujours notre bien que la divinité a en vue ('). Chacun des Gi3 commandements doit ou produire une opinion saine, ou ruiner une opinion erronée, ou donner une règle de justice, ou faire cesser l'injustice, ou former l'homme aux bonnes mœurs, ou le préserver des mœurs dépravées.

Donc tout a sa raison d'être: par conséquent l'univers a une fin dernière. Quel est le but final du monde? L'esprit des penseurs s'est exercé sur cette question (■). Mais c'est là une question vaine.

Qui dit finalité dit agent qui opère avec intention ; d'un autre côté, l'idée de dessein ne saurait s'appliquer qu'à une chose qui n'existe pas encore ('). Mais l'être nécessaire qui toujours a été ne tombe pas sous l'idée d'efficience ni de finalité (*). Comme il n'a pas été fait, on ne saurait en chercher le but final. On ne saurait demander : « Quelle est la fin dernière de l'existence du Créateur? » puisqu'il n'est pas créé. Dès lors, il est clair que la question du but final ne peut se poser que pour une chose née qui a été faite avec intention par un être intelligent.

Après ce qui précède on comprendra qu'on ne saurait chercher un but final à l'ensemble de l'univei^î ni selon les partisans de la création, ni selon l'opinion aristotélicienne de l'éternité du monde. Une fois admise, avec Aristote, une nécessité éternelle et immuable, la question de la fin dernière du monde ne se pose plus. Selon Aristote, la fin dernière des espèces consiste dans la permanence de la naissance et de la destruction qui est indispensable pour perpétuer le devenir dans la matière inférieure, dont il ne peut sortir aucun individu perma-

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