‹ Maïmonide (volume 2)Chapitre 68 sur 94 · Cf. II, Introduciion, 20' proposition · texte numérisé non relu

Cf. II, Introduciion, 20' proposition

98 RAPrORTS DE DIEU AVEC LE MONDE

nent, et dont cependant il doit naître, en dernier lieu, tout ce qu'il est possible qu'il en naisse, c'est-à-dire la chose la plus parfaite possible ; car le but dernier est d'arriver à la perfection. L'être le plus parfait possible qui puisse sortir de la matière inférieure, c'est l'homme qui est le dernier et le plus parfait des êtres composés. Si donc l'on disait que tous les êtres sublunaires existent à cause de lui, ce serait vrai à ce point de vue. Mais on ne saurait demander à Aristote, qui professe l'éternité du monde, quelle est la cause finale de l'existence de l'homme. En effet, la fin dernière de chaque individu né étant, suivant Aristote. le perfectionnement de la forme spécifique, tout individu chez qui les actions résultant de cette forme sont parfaites a complètement atteint sa fin. Et la fin dernière de l'espèce est de perpétuer cette forme au moyen d'une série continue de naissances et de dissolutions, de manière qu'il vienne toujours une nouvelle naissance poursuivant un plus grand perfectionnement. Il est donc évident que, dans l'hypothèse de l'éternité du monde, il n'y a pas lieu de chercher la fin dernière de l'univers.

Des penseurs qui se rangent à la doctrine créationiste estiment qu'il convient de poser la question de la finalité de l'univers ('). Ils croient que le monde tout entier n'a pour fin que l'existence du genre humain destiné à adorer Dieu, si bien que les sphères célestes elles-mêmes n'accompliraient leur mouvement circulaire qu'en l'honneur de l'homme.

En admettant même que tout ait été créé en vue de l'homme et que la fin dernière de l'homme soit d'adorer Dieu, on pourrait encore demander : A quelle fin Dieu doit-il être adoré, puisque sa perfection ne peut s'accroître et que, lors même qu'il n'existerait absolument rien en dehors de lui, il n'en souffrirait aucunement dans sa perfection? Que si l'on répondait qu'il ne s'agit pas de son

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