III. ch. 21, p. i5S
■J. I. ch. 6S, p. 3ii. Cf. Aristote, Métaphysique, XII, ch. -. 4. I, ch. 68, p. 3o4 et siiiv. — La distinction de la matière et de la l'orme, de la puissance et de Tacte, se retrouve dans Tintelligence. Dans rintelligence humaine Aristote distingue : i° une intelligence inférieure, intermédiaire entre le voD.;, connaissance des premiers principes, et Tàme animale, c'est l'intellect passif. voO; 7:a9-/]":t/.dç, intelligence en puissance; 2° une intelligence supérieure, impassible, qui part des causes, saisissant les formes intelligibles et s'identihant avec elles, c'est Vintellect agent, vojç OcopsT'./.ôç, intelligence en acte par son essence même. La théoriearistotélicienne a été reprise et élaborée par les philosophes arabes. Nous vl nous bornerons a reproduire la-conception d'Avicenne : « La première de ces facultés est une faculté disposée pour recevoir les intelligibles que quelques-uns appellent ['intelligence matérielle. C'est la niche destinée à recevoir une lampe. Elle est suivie par une autre faculté qui se manifeste en elle quand les premiers intelligibles y paraissent, et par laquelle elle est préparée à recevoir les seconds intelligibles, soit par la réllexion qui est comme l'huile d'olive si elle est faible, soit par l'intuition qui est encore comme l'huile d'olive si elle est plus forte ; cette autre faculté s'appelle intelligence de pos.session et elle est comparable au verre de lampe. Puis vient la faculté noble, celle qui atteint au plus haut degré : c'est la faculté
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C'est par rintellect agent (') émané de Dieu, que nous pensons, que la raison passe à Facte. Cet intellect s'épanche sur nos facultés, à proprement parler sur la raison (■), comme une source intarissable qui s'épanche de tous les cùtés. C'est grâce à l'épanchement de l'intellect agent que nous percevons l'intellect agent, et par là nous entrons en communion avec Dieu {').
L'intellect humain devenu intellect en acte, c'est la perfection : en concevant l'intelligible, l'homme acquiert les vertus intellectuelles et s'assure l'immortalité C). Une fois l'intelligent et l'intelligible identifiés, il n'y a plus oubli, parce que les facultés inférieures, l'imagination et la mémoire, n'ont plus aucune part dans la perception {').
Intelligence en acte, connaissance intelligible, connais- ' sance de Dieu, vraie science, religion véritable, perfection, bonheur, immortalité, fin dernière, tout cela coïncide, tout cela est un (M.
sainte; l'huile est presque allumée. Ensuite paraissent une faculté et une perfection ; et c'est comme une lumière sur une lumière. La faculté produit Tintellig'ible acquis dont on s'occupe, comme un spectacle, quand elle veut, sans avoir besoin d'une acquisition nouvelle ; elle est la mèche de la lampe. La perfection s'appelle Yinlt-lligt-nce «cguis^", et la faculté s'appelle VintclUgfnce en acte. Ce qui fait passer rintelligence de possession à l'acte complet et l'intellig'ence matérielle a l'état d'intellig^ence de possession, c'est ['intellect agent ; et c'est le feu » : Ichàràl. p. 126 ; voir Carra de Vaux, Avicenne, p. 221 et 222.
1. Intellig-ence pure ou séparée qui préside à l'orbite de la lune : voir Guide, IL ch. 4, p. 5;-6o : « Ce qui donne l'existence à l'intellect est un intellect, à savoir l'intellect ag:ent. L'intellect agent est aux éléments et à ce qui en est compose ce que chaque intelligence pure, appartenant à une sphère quelconque, est à cette sphère. Le rôle de l'intellect agent qui existe en nous et qui est émané de l'intellect agent universel est le même que celui de l'intellect dont est douée chaque sphère. Cet intellect est émané de l'intelligence pure, c'est par lui que la sphère penjoit l'intelligence pure ».