Guide, II, ch. 36, p. 282 et suiv
2. « Le songe est un soixantième de la prophétie », Talmud Berakoth, 5;\ • Le songe est le fruit abortif de la prophétie », Heréschilh rabba. sect. I- et sect. 44- C'est là, observe Malmonide. une comparaison remarquable : le fruit abortif est identiquement le fruit lui même, avec cette différence qu'il est tombé avant sa parfaite maturité.
3. Cf. « La prophétie n'arrive ni pendant la tristesse, ni pendant l'abattement », Talmud Schabbalh, Z\.>° : cf. .Maimonide, Huit Chapitres, ch. 7.
fonde tristesse ne cessa de peser sui' l'imagination, ce qui la rendit inapte à recevoir Finflux de l'intellect agent.
Aux facultés rationnelle et Imaginative dont on vient de parler doivent s'ajouter deux autres facultés : une faculté d'initiative audacieuse et une faculté de divination. Il faut le courage qui jette en avant, fait braver les puissants et affronter les diflicultés : et. d'autre part, il faut une puissance d'analyse et de synthèse foudroyantes telles que l'esprit en un instant embrasse toutes les données et en tire immédiatement les conclusions (').
Donc certaines conditions physiques, intellectuelles et morales sont nécessaires à la prophétie. Ces conditions sont-elles suffisantes ?
On peut distinguer trois opinions sur la prophétie : i" L'opinion vulgaire, suivant laquelle n'importe qui peut être prophète, dès l'instant que Dieu l'a marqué au front; aucune préparation n'est nécessaire, le dernier des ignorants peut recevoir le don. 2' L'opinion péripatéticienne, d'après laquelle la prophétie n'est que le développement naturel d'une faculté que toute l'espèce humaine possède en puissance. L'ignorant ne saurait arriver à la prophétie, car celle-ci est l'aboutissement du suprême effort intellectuel et moral. 3° L'opinion juive qui est celle de Maïmonide. Cette opinion est la même que la précédente, avec cette dillerence qu'elle admet qu'un homme propre à la prophétie et y préparé peut pourtant ne pas être prophète de par un veto divin.
Au sentiment de Maïmonide, il faut d'abord une longue préparation morale et spéculative. Dieu n'accoi-de pas le don de prophétie au premier venu — <( pas plus qu'il ne serait possible qu'il rendît prophète un àne ou une grenouille ». Dieu ne communique la connaissance suprême qu'à un homme de haute intelligence, de grand savoir et d'irréprochable moralité. En second lieu, il ne faut pas qu'il y ait empêchement de la part de Dieu. En d'autres