‹ MaïmonideChapitre 100 sur 195 · Ib.} Ch. 46, p · texte numérisé non relu

Ib.} Ch. 46, p

sable, il va de soi que les différents noms de Dieu qu'on rencontre dans l'Écriture n'expriment que des manifestations de Dieu. Tous les noms de Dieu sont dérivés, excepté le Schèm ha-meforasch, le « nom explicite », le nom tétragramme 1HVH (Iahvé), qui désigne l'existence nécessaire de Dieu et qui est véritablement le nom propre de Dieu. Dans la définition d'Exode, III, 14 : « Je suis celui qui suis », on exprime l'identité de l'attribut et du sujet. C'est une explication de cette idée, que Dieu existe, mais non par l'existence*, c'est-à-dire qu'il est l'Être qui est l'Être, Y Être nécessaire. Le tétragramme ne désigne pas un attribut, mais une simple existence, pas autre chose2. Il ne nous ouvre donc aucune vue sur l'essence de Dieu3.

Si nous ne pouvons pas poser d'attribut affirmatif, nous avons, du moins, le droit de formuler des attributs négatifs. Nous en avons même le devoir, puisque, comme on l'a montré plus haut, augmenter les attribut s négatifs, c'estse rapprocher de Dieu. Voyons donc ce qu'il faut nier de Dieu.

Il en faut écarter tout élément matériel, car qui dit matière, dit division. Tout élément passionnel, car qui dit passion dit changement4, et qui dit patient dit agent extérieur au patient : Dieu serait modifié par un autre être ! Il en faut éliminer toute privation, car autrement il ne serait parfait qu'en puissance. Or toute puissance est nécessairement accompagnée d'une privation, et tout ce qui passe de la puissauce à l'acte implique un actuel qui détermine le passage à l'acte. Il faut donc que toutes ses perfections soient en acte et qu'il n'ait absolument rien en puissance. Enfin, il faut purger la notion de Dieu de toute assimilation avec aucun être5.

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