‹ MaïmonideChapitre 99 sur 195 · WA1M0N1DE · texte numérisé non relu

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simplicité pure, Il est impossible que cette essence simple ait des attributs, pire que Dieu est une essence renfermant des idées nombreuses qui seraient des attributs, c'est appliquer le nom de Dieu à un pur non-être1.

L'homme 8 une tendance naturelle à anthropomorphiser. De là les épithètes d'ordre corporel appliquées à Dieu, en vue d'exprimer son existence. De môme, tout ce que nous concevons comme une perfection nous le coulerons à Dieu, bien que cela ne soit une perfection que dans Le plan humain, c'est-à-dire d'une extrême imperfection'-\

Les termes dont la Bible se sert à propos de Dieu sont de pures métaphores, des artifices pour élever les esprits à une connaissance approximative de Dieu. On a dû recourir à des figures corporelles pour faire comprendre qu'il existe, à l'idée de mouvement pour donner à entendre qu'il est vivant3. En réalité, encore un coup, tout ce qu'on attribue à Dieu se distingue de nos prédicats sous tous les rapports, si bien qu'il ne saurait être question d'une définition commune. Parler d'attributs de Dieu, ce n'est, au fond, que donner des noms différents à son essence4.

Une fois démontré que l'essence divine est inconnais-

qu'un, se trouvant en présence de Rabbi Hanina, commença ainsi sa prière : u O Dieu grand, puissant, redoutable, magnifique, fort, révéré, impo- « sant... » Le docteur l'interrompit, s'écriant : « As-tu achevé toutes les « louanges de ton Seigneur? Hé quoi ! même les trois premiers attributs, si u Moïse ne les avait pas énoncés dans la Loi (Dt..y X, 17) et que les hommes « de la grande Synagogue ne les eussent fixés dans la prière, nous n'oserions « pas les prononcer; et toi, tu en enfiles toute une série! Permets une com- « paraison : Ne serait-ce pas faire insulte à un roi de condition humaine « qui posséderait des millions de pièces d'or que de l'exalter pour ce qu'il « possède de pièces d'argent? » La louange qui convient le mieux à Dieu, c'est selon la belle parole du psalmiste, l'adoration muette {Ps., LXV, 2) ». Voir I, ch. 59, p. 253 et suiv.

1 . Guide, I, ch. 60. Abou 'l-fHassan dit des attributs : « On ne dit pas qu'ils sont Lui, ni non plus un-autre-que-Lui, ni Non-Lui, ni non plus Non-unautre-que-Lui »; Schahrastani, I, p. 100.

2. Guide, I, ch. 26, p. 88; cf. ch. 46, p. 164; ch. 47, p. 168; cf. Introduction au traité de Sanhédrin, X; Epitre sur la résurrection.

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