Ib.r ch. 55, p
1M MAJMONIDE.
Dieu es! immuable, il n'est soumis à aucune espèce de changement, ni d'essence, ni par rapporta un état quelconque qui serai! hors de son essence, ni enfin changement en fonction d'un rappori avec autre chose1.
Dieu, payant rien de matériel, n'aborde rien et ne s'approche de rien et rien ne L'aborde ni ne l'approche. Écarter la oorporalité, c'est écarter le spatial, donc toute idée dacecs, d'éloigné ment, de réunion, de séparation, de contact, de succession. Qu'un homme se trouve au centre de la terre ou au sommet de la neuvième sphère (qui esl la plus élevée), il n'est pas dans le premier cas plus loin de Dieu que dans le second il n'en est plus rapproché. On se rapproche de Dieu par la connaissance, on s'éloigne de lui par l'ignorance. Celui-là seul qui connaît Dieu « trouve grâce à ses yeux » (Ex., XXXIII, 13), et non pas celui qui se borne à jeûner et à prier. En effet, quiconque le connaît est un objet de faveur, rapproché de lui; quiconque l'ignore est un objet de colère, éloigné de lui; le rapprochement ou l'éloignement sont en raison de la connaissance ou de l'ignorance2.
En définitive, toutes les négations stipulées par Maïmonide nient de Dieu toute imperfection, privation, relativité3. Nous partons de ce principe que Dieu est l'être absolument parfait. « Sans comprendre la véritable essence de Dieu, nous savons pourtant qu'il est l'être le plus parfait, qu'il n'est affecté d'aucune espèce d'imperfection, de changement, de passion. De même, sans savoir ce que sa science est en réalité, puisqu'elle est son essence, nous savons qu'il ne peut pas tantôt savoir et tantôt ignorer4 ».
1. Guide, I,ch. 11, p. 59. Cf. II, ch. 18, p. 142: «La volonté de l'intelligence pure qui n'est déterminée paraucuneautrecho.se n'est point sujette au changement, et s'il veut maintenant une chose et demain une autre, cela ne constitue pas de changement dans son essence et n'exige point de cause extérieure... Ce n'est que par homonymie qu'on applique à la fois à notre volonté et à celle de l'intelligence pure le nom de volonté, car il n'y a pas de ressemblance entre les deux volontés ».