‹ MaïmonideChapitre 102 sur 195 · ch. 20, p · texte numérisé non relu

ch. 20, p

Dieu n'ayant rien de matériel est intelligence pure. Comme il n'y a en lui absolument rien qui soit en puissance, il est intellect en actex. Comme, en outre, il n'est en relation avec aucune autre chose, le pensant et le pensé en lui ne font qu'un. D'autre part, ce même acte de penser, pour lequel il est appelé intelligent, est l'intellect même qui est son essence. Par conséquent, il est éternellement intellect, intelligent et intelligible2. Dieu étant tel, sa science est parfaite et c'est par une science unique qu'il connaît les choses multiples et nombreuses. Les phénomènes, les êtres, les mondes qui surgissent, il les a sus de toute éternité3.

Mais Maïmonide ne rétablit-il point les attributs positifs que, par ailleurs, il a si vivement combattus?

S'il s'est attaqué à ces prédicats c'est que, tirés de l'analogie humaine, ils anthropomorphisent grossièrement Dieu, et s'il a si chaudement plaidé pour les attributs négatifs, c'est afin de dégager le concept divin de tout élément de déficience. En d'autres termes, le rejet des prédicats positifs comme l'accumulation des attributs négatifs allaient à un seul et même objet : sauvegarder la perfection divine. De l'essence divine nous ignorons tout, sauf cela qu'elle est perfection, et, de cette perfection, nous pouvons affirmer qu'elle est éternellement intellect en acte.

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