BU. Teschouba, III, 7; Guide, I, ch. 36, p
3. « Les premiers éléments même ne se trouvent pas, dans le présent traité, rangés par ordre et d'une manière suivie, mais disséminés et mêlés à d'autres sujets ; car mon butest de faire en sorte que les vérités y soient entrevues et qu'ensuite elles se dérobent, afin de n'être pas en opposition avec le but divin : que les vérités qui traitent de la connaissance de Dieu fussent voilées au commun des hommes », I, Introd., p. 10.
4. Cf. I, Introd., p. 10 : « Il n'est pas un seul parmi nous qui connaisse ces mystères dans toute leur étendue ». Donc, on les peut connaître en par-
EXISTENCE DE DIEU. lil
nellement en acte (I, p. 310), on a évidemment la prétention de nous ouvrir une vue sur son essence. Poser qu'il existe, mais non par l'existence ; qu'il vit, mais non par la vie ; qu'il peut, mais non par la puissance ; qu'il sait, mais non par la science, qu'est-ce, sinon affirmer d'une façon particulièrement positive qu'il existe, vit, peut et sait?
Maïmonide ne laisse donc pas à Dieu une existence purement nominale, comme on l'a soutenu 4. S'il insiste tant sur les attributs négatifs, c'est précisément pour mettre au-dessus de toute atteinte la plénitude de l'être en Dieu. Parles affirmations qui partent de notre nature, laquelle est essentiellement imparfaite, nous introduisons du nonêtre en Dieu. La véritable connaissance de Dieu sera donc celle qui éliminera de l'Être absolu tout non-être. Plus on niera de Dieu du non-être, plus on se rapprochera de lui. « Gomprendsbien cela, conclut Maïmonide, et tu t'en trouveras heureux 2. » Ces derniers mots sont à souligner, car ils réfutent expressément le reproche adressé à Maïmonide que toute sa théodicée se réduit à un vague déisme où le cœur ne reçoit aucune satisfaction. Aussi bien, la suprême fin de l'activité, c'est l'amour de Dieu 3 ; et toute l'œuvre de notre docteur marque la foi la plus profonde.
Ainsi tous les efforts de Maïmonide, dans sa théorie des attributs, ne vont qu'àétablir l'unité immatérielle, simple, absolue, la positivité pure de Dieu, contre toute humanisation. Dieu réunit toutes les perfections et elles ne font qu'un avec son essence ''.
tie. Et, en effet, si la lumière totale nous échappe, du moins des lueurs traversent notre nuit; ib., p. il.
1. Par exemple, Cousin, Histoire générale de la philosophie, Paris 1884, p. 220, en note.
2. Guide, I, ch. 60, p. 261. Moïse JNarboni, dans son commentaire sur ce passage, relève cette expression, en notant qu'elle ne revient pas ailleurs dans le Guide.