‹ MaïmonideChapitre 108 sur 195 · Guide, III, cl). 19, p. 141. —2.1b., ch · texte numérisé non relu

Guide, III, cl). 19, p. 141. —2.1b., ch

3. On a vu plus haut que Dieu est en môme temps, dans une unicité absolue, intellect, intelligent et intelligible; cf. Guide, J, ch. 68, p. 301.

observé que cette opinion n'exclut point la multiplicité de La science divine, et ils ont abouti à cette conclusion que Dieu ne connaît que sa propre essence.

Pour ma part, dit Maïmonide, je pense que la cause de tous ces embarras est d'avoir établi un rapport entre notre science et celle de Dieu. Dire, comme les philosophes, que nos intelligences sont incapables de comprendre l'essence divine, c'est déclarer par là même qu'elles sont incapables de concevoir comment il a connaissance des choses. Cette connaissance n'est pas la même que la nôtre, pour que nous en puissions juger par analogie. Il n'y a qu'homonymie, communauté de noms, mais nul rapport véritable.

La science de Dieu diffère de la nôtre : 1° en ce que cette science, qui est une, embrasse une multitude d'objets d'espèces différentes; 2° qu'elle porte sur ce qui n'est pas encore; 3° qu'elle s'attache à ce qui est infini; 4° qu'elle ne subit pas de changement par la perception des choses nouvellement survenues ; 5° que la prescience divine ne fige pas pour ainsi dire l'un des deux cas possibles, bien que Dieu sache d'avance d'une manière précise lequel des deux se réalisera1.

Il y a une grande différence entre la connaissance que l'artiste possède de l'œuvre qu'il a élaborée et la connaissance qu'un autre prend de cette même œuvre2. L'artiste n'a fait que réaliser un ouvrage dont il avait d'avance une connaissance exacte. Mais pour tout autre, qui contemple cette œuvre, la science suit l'exécution. Il en est ainsi de notre science humaine et de la science de Dieu touchant l'univers. Ce que nous savons, nous le tenons de l'étude des êtres ; aussi notre science ne s'étend-elle point sur le futur ni sur l'iufini : nos connaissances se renouvellent et se multiplient à mesure que nous acquérons plus d'expérience. Pour Dieu, par contre, ce n'est pas des choses que lui vient la connaissance qu'il en a ; les choses dépendent de

1. Guide, III, ch. 23, p. 185-180; doctrine analogue chez Leibniz.

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