Guide, III. ch
MAIMONIDi:. 10
1 VO MAÏMONIDE.
sa science qui les a précédées et établies telles qu'elles sont. Pour Dieu doue il n'y a pas de science multiple ni neuve. En connaissant toute La réalité de son inaltérable essence, il connaît pat là même tout ce qui doit nécessairement résulter de sesactions. Donc rien absolument n'échappe à Dieu.
Mais u ut' nouvelle question se pose : Dieu s'occupe-t-il des rires?
On peut distinguer cinq opinions sur la Providence1 :
1° I /opinion épicurienne pour qui tout vient du hasard. Aristote a démontré que cette opinion est inadmissible, qu'il y a un être ordonnateur des choses2.
2° D'après Aristote, la providence s'étend aux sphères, mais non au monde sublunaire, où, en dehors des éléments et des espèces qui sont soumis à l'influence directe des sphères, il y a place pour le hasard .
3° Les Ascharites4 soutiennent que rien n'arrive fortuitement, tout est l'effet d'une volonté et d'une intention. Si une feuille tombe, c'est par un décret spécial de la divinité. Dans cette opinion, il n'y a rien de possible, tout est nécessaire ou impossible, l'homme n'est pas libre, et dès lors les lois religieuses n'ont aucune utilité ; enfin, les actions de Dieu ne sauraient avoir de but final.
ï° Les Motazélites F) admettent que Dieu sait tout, que sa providence porte sur tous les êtres en même temps que l'homme est libre. Dieu ne saurait être injuste : toutes les créatures, jusqu'aux plus vils insectes, ont droit à une compensation dans une autre vie.