‹ MaïmonideChapitre 110 sur 195 · Cf. Introd. à Sanh, X, 9e article · texte numérisé non relu

Cf. Introd. à Sanh, X, 9e article

4. Cf. Guide, III, ch. 25, p. 198. Les Ascharites sont les disciples d'Al- Acharide Bassora (880-940). Ils admettent des attributs de Dieu distincts de son essence et nient le libre arbitre de l'homme; voir plus haut les Sources de Maïmonide.

5. Sur les Motazélites, voir plus haut les Sources de Maïmonide. L'expression la pluscomplètedecette école se trouve dan?, l'Encyclopédie des Frères de la pureté (Ikhvt an es-safa), tentative de conciliation entre la philosophie

5° La doctrine juive tient à la fois que l'homme est libre et que Dieu est juste. Les malheurs qui fondent sur les hommes ou les bienfaits qui leur échoient sont proportionnés à leurs mérites et sont l'effet d'un jugement équitable.

En résumé, les conditions où se meuvent les individus sont : pour Aristote, l'effet du pur hasard ; pour les Ascharites, de la seule volonté divine; pour les iMotazélites, de la sagesse divine ; pour les juifs, de ce que l'individu a mérité selon ses œuvres. Il se pourrait, selon les Ascbarites, que Dieu fit souffrir l'homme vertueux clans ce bas monde et le condamnât au feu éternel, car, dirait-on, Dieu Fa voulu ainsi. Mais les Motazélites estiment que ce serait une injustice et que la créature qui a souffert, fût-ce une fourmi, a droit à une compensation : car la sagesse divine Ta fait soutlrir, afin qu'elle eût une compensation. Pour le judaïsme, ce qui advient à l'homme est la conséquence de ce qu'il a mérité, Dieu ne châtie qu'autant qu'on est coupable1.

Dieu est en même temps cause efficiente, cause formelle et cause finale du monde2. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de se préoccuper de savoir si Dieu a produit le monde du néant ou si l'existence du monde est une conséquence nécessaire de celle de Dieu, de telle sorte qu'il serait coéternel à Dieu. En posant que Dieu est la cause efficiente du monde, on prétend seulement établir que Dieu est la cause efficiente des faits particuliers comme il est la cause efficiente du monde dans sa totalité. De même la

et l'islamisme. C'est un mélange d'aristotélisme, de néo-platonisme et do néo-pythagorisme.

1. Cf. Guide, III, ch. 17, p. 136 : C'est tantôt une exagération qui aboutit à nier l'intelligible et à contester le sensible (les Ascharites et les Motazélites soutiennent, contre le témoignage évident de la raison et des sens, que la Providence veille sur chaque créature, fût-ce le plus infime insecte; ; tantôt c'est une croyance pernicieuse qui va contre Dieu, contre les qualités morales et intellectuelles de l'homme, lorsque, par exemple, avec Aristote, on refuse d'admettre la Providence pour les individus humains.

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