‹ MaïmonideChapitre 111 sur 195 · Guide, I, ch. 69, p. 316 et suiv · texte numérisé non relu

Guide, I, ch. 69, p. 316 et suiv

forïne dernière de tout L'être est Dieu. Il ne s'agit pas de cette forme dernière dont Aristotc dit, dans la Métaphysique*, qu'elle de nait ni ne périt, car la forme dont il est question à cet endroit est physique, et non point une intelligence pure. Quand nous disons de Dieu qu'il est la forme dernière du monde, ce n'est pas comme la forme ayant matière est une forme pour cette matière, de sorte que Dieu serait une forme pour un corps.

Ce n'est pas ainsi qu'il faut l'entendre, mais de la manière suivante : de même que la forme est ce qui constitue le véritable être de tout ce qui a forme, si bien que, la forme périssant, l'être périt également, Dieu se trouve dans un rapport semblable avec tous les principes de l'être les plus éloignés. C'est par l'existence du Créateur que tout existe et il en perpétue la durée par l'épanchement2. Si la non-existence du Créateur était admissible, l'univers entier n'existerait plus, ce qui en constitue les causes éloignées disparaîtrait, ainsi que les derniers effets et ce qui est intermédiaire. Donc Dieu est à l'univers ce que la forme est à un objet qui a forme et qui par là est ce qu'il est, étant donné que la forme constitue son véritable être. Tel est le rapport de Dieu au monde, et c'est à ce point de vue qu'il est la forme dernière, la forme des formes. Cela signifie qu'il est le fondement dernier de l'existence de toutes les formes, et que c'est par lui qu'elles subsistent, de même que les choses douées de forme subsistent par leurs formes.

Pour Dieu l'existence est si pleine qu'il ne lui suffit point d'exister à lui seul. De son existence il émane de nombreux êtres, non pas comme la chaleur émane du feu, mais par une action divine qui leur confère la durée et l'harmonie. C'est par la profusion et surabondance qui ruissellent de l'éternel Créateur que tout existe, nait et se maintient3.

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