III, ch. 49, p. 411 ; cf. ch
4. Guide, III, ch. 17, p. 129 et suiv. Suivant Averroès, Dieu ne connaît que les lois générales, il s'occupe de l'espèce et non de l'individu; s'il connaissait l'individu, il y aurait innovation perpétuelle dans son être. Pour Gersonide, la Providence est à la fois générale et particulière et Dieu, tout
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tions des individus sont proportionnées au mérite. Pour ce qui concerne les animaux, et, à plus forte raison, les plantes, Maïmonide se rallie à Aristote. Il ne croit pas que telle feuille tombe ou que telle araignée ait dévoré telle mouche par suite d'un décret spécial de la divinité. Tout cela est Feflet du pur hasard, comme le pense Aristote.
La providence suit l'influx divin1. L'intellect qui s'épanche sur nous est le lien entre l'homme et Dieu. Et, de même que nous le percevons au moyen de la lumière qu'il répand sur nous, comme il est dit : « Par ta lumière nous voyons la lumière » (Ps., XXXVI, 10), de même, c'est au moyen de cette lumière qu'il nous observe et qu'il est toujours avec nous2. L'espèce à laquelle s'attache l'épanchement est accompagnée de la Providence qui mesure toutes les actions, de manière à les récompenser ou à les punir. S'il est vrai, comme le dit Aristote, que la submersion du navire avec son équipage a été l'effet du pur hasard, ce n'était pourtant point par l'effet du hasard que les gens étaient entrés dans le navire, mais de par la volonté divine, conformément à ce que ces gens avaient mérité au jugement de Dieu, jugement qui nous est impénétrable.
Pour les animaux, la Providence ne veille qu'à l'espèce, et non à l'individu. Ce n'est que dans l'espèce humaine que l'individu est l'objet de la Providence. Demander
en ne connaissant pas les choses individuelles, entoure néanmoins certains hommes d'une protection spéciale. Tous les hommes sont soumis aux influences astrales; seulement les justes et les savants, instruits qu'ils sont par l'intellect agent de leurs destinées futures, se trouvent en état de réagir contre elles. Les révélations de l'intellect agent ne sont pas pour autant individuelles, elles se répandent sur tous ceux qui sont aptes à y participer, mais qu'il ne connaît pas plus qu'il ne connaît la matière sur laquelle il t'ait descendre ses formes; voir Isidore Weil, La philosophie religieuse de Lévi ben Gerson, p. 142 et suiv., Paris 1868.
1. L'inlellect qui s'épanche de la part de Dieu sur nous est le lien qui existe entre nous et lui. 11 dépend de toi de fortifier ce lien ou de l'affaiblir jusqu'à le défaire. Ce lien ne peut se fortifier que lorsqu'on en fait usage pour aimer Dieu, il se relâche quand on se détourne de la pensée de Dieu » ; Guide, III, ch. 51, p. 439; cf. II, ch. 12 et 37.