Guide, III, ch. 52, p
pourquoi l'homme es! le seul à jouir de ce privilège, cela revient à demander pourquoi Dieu a conféré l'intelligence î\ L'homme et non aux animaux.
D'une manière générale, la Providence dépend de l'Intelligence à laquelle elle estintimementliée. La Providence ne peut émaner que d'un être intelligent et plus particulièrement de l'Intelligence souverainement parfaite. D'où il résulte que celui-là seul qui reçoit l'influx divin participe à la Providence dans la mesure où il participe de l'Intelligence.
Comme il n'existe pas d'espèce en dehors de l'esprit, que L'espèce et les autres universaux sont des concepts de L'entendement, que tout ce qui existe en dehors de l'esprit est un être individuel ou un ensemble d'individus1, l'écoulement divin que nous trouvons uni à l'espèce humaine, c'est-à-dire l'intellect humain, n'a son existence que par les intelligences individuelles, par ce qui s'est déversé de l'intelligence divine sur A, sur B, sur C, etc.2.
Il en résulte que plus un individu sera apte à recevoir l'influx divin, en raison de son organisme prédisposé, de ses études approfondies et de son effort moral3, plus il sera protégé par la Providence, s'il est vrai que providence et intelligence sont connexes. La Providence divine ne veillera donc pas d'une manière égale sur tous les individus de l'espèce humaine, elle les protégera à proportion de leur perfection. Par conséquent, la Providence s'occupera tout particulièrement des prophètes, des hommes vertueux et des esprits supérieurs, et toujours à proportion de leur supériorité. Car c'est telle intensité de
1. Cf. Guide, I, ch. 51, p. 185 ; III, ch. 18, p. 140, « L'individu seul aune existence réelleen dehors de l'entendement » ; Abrégé de la logique, ch. 10; Aoir plus haut La Connaissance. Gersonide attribue une existence réelle aux universaux dans l'intellect agent.