Guide, III, ch
3. Cf. II, ch. 32 et 36; cf. Liber de Causis, p. 9G. Cf. Guide, III, ch. 18, j>. 139: Les philosophes ont également parlé dans ce sens. Alfarabi, dans son commentaire sur l'Elhique d'Aristote, s'exprime en ces termes : « Ceux qui s'élèvent progressivement aux plus hautes vertus sont, comme l'a dit Platon, l'objet d'une protection spéciale de la Providence ».
l'effusion divine qui a fait parler les prophètes, qui a dirigé la conduite des justes, perfectionné les connaissances des esprits supérieurs. Quant aux ignorants et aux pécheurs, privés qu'ils sont de cette fécondation divine, ils se trouvent au rang des autres espèces animales. C'est un des fondements de la religion de croire que la Providence veille sur chaque individu humain, selon son mérite et sa perfection.
L'homme d'une perception parfaite, dont l'intelligence est constamment occupée de Dieu, est toujours sous la garde de la Providence. Mais celui qui, quoique d'une perception parfaite, se distrait de Dieu à certains moments, n'est sous la protection de la Providence que dans les instants seuls où sa pensée est à Dieu. Cependant la Providence ne l'abandonne pas comme elle abandonne celui qui ne pense jamais. Elle ne fait que s'affaiblir, parce que cet homme d'une perception parfaite ne possède point dans ses distractions l'intellect en acte et qu'il n'est intelligent qu'en puissance prochaine, semblable à un écrivain habile au moment où celui-ci n'écrit point.
L'homme qui n'occupe jamais sa pensée de Dieu est pareil à quelqu'un qui est dans les ténèbres et qui n'a jamais vu la lumière. Celui qui perçoit Dieu et se donne à lui totalement est semblable à l'individu enveloppé de soleil. Enfin celui qui pense, mais qui en même temps a d'autres préoccupations, ressemble, au moment de ses préoccupations, à un homme plongé dans le brouillard qui ne reçoit pas les rayons du soleil en raison des brumes qui interceptent le jour1.
Un Dieu qui est intelligence, puissance et bonté suprême ne fait rien en vain .
Peut-on admettre que les humeurs, les membranes et les nerfs de l'œil qui sont si sagement organisés et dont