Guide, III, ch. 51, p. 439, 444 et suiv
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l'ensemble a pour but la fonction visuelle, soient un simple effet du hasard? Il y a là évidemment une intention de la nature. Or la nature n'a ni intelligence ni faculté organisatrice; cette disposition artistique émane d'un principe intellectuel, elle est l'œuvre d'un être intelligent1.
Toutes les actions de Dieu sont bonnes et utiles. C'est avec intention que Dieu a fait naître toutes les choses possibles telles que nous les voyons, sa sagesse n'a pas voulu qu'elles fussent autrement. Kien qui n'ait sa raison d'être, peu importe que nous connaissions ou que nous ignorions cette raison. Il faut repousser l'opinion des Ascharites, d'après qui Dieu ne fait aucun objet en vue d'un autre, il n'y a ni causes ni effets, tout dépend du seul bon vouloir de la divinité2.
Maïmonide repousse cette séparation radicale de la volonté et de l'entendement en Dieu; pour lui, la volonté est déterminée par la sagesse, ou plutôt elles ne font qu'un. Dieu ne veut que ce qui est possible; non pas qu'il veuille tout ce qui est possible, mais seulement ce que réclame sa sagesse. L'œuvre absolument bonne que Dieu veut effectuer ne peut être entravée par aucun obstacle. Bien que le monde ait été créé, la création n'a pas eu lieu par la seule volonté de Dieu, La sagesse divine, que nous sommes incapables de comprendre, a déterminé P existence de l'univers, au moment où il apparut, et cette même sagesse avait exigé le néant avant que le monde fût.
Les opérations de la nature, jusque dans leurs moindres détails, sont sagement réglées; elles sont solidaires, cause et effet les unes des autres ; tout a sa raison d'être, tout est l'expression d'une parfaite sagesse. Si dans le monde inférieur il n'y a rien qui ne se justifie, à plus forte raison dans le monde supérieur des sphères célestes qui sont d'essence plus noble. Donc, d'une façon générale, le but du Créateur a été de faire exister tout ce dont l'existence