‹ MaïmonideChapitre 121 sur 195 · Guide, III, ch. 14, p · texte numérisé non relu

Guide, III, ch. 14, p

2. I, ch. 69, p. 322; III, ch. 13, p. 98 : « Dès que l'homme se connaît, qu'il ne se trompe pas sur son propre compte et qu'il connaît la valeur réelle de chaque être, il se tranquillise, ses pensées ne sont plus troublées en cherchant telle fin pour une chose qui n'a pas cette fin, ou, en général, en cherchant une lin pour ce qui n'a d'autre fin que son existence propre, laquelle dépend de la volonté divine, ou, si tu préfères, de la sagesse divine ».

3. Leibniz a largement utilisé les réflexions de Maïmonide sur le mal dans ses Essais de Théodicée, IIIe partie, n° 262 et suiv. ; voir Foucherde Careil, Leibniz, la philosophie juive et la Cabale, Paris 1861.

tée à sa substance, un accident positif et créé. Pour eux, le repos n'est pas la privation de mouvement, la mort n'est pas la privation de vie, mais le repos et la mort sont des accidents créés par Dieu i.

Quant à nous, dit Maïmonide, voici notre opinion2. Enlever ce qui est un obstacle au mouvement, c'est encore mouvoir; celui qui retire une colonne de dessous une poutre, si bien que celle-ci tombe de sa pesanteur naturelle, met en mouvement la poutre 3. De même celui qui fait cesser une certaine virtualité est l'auteur de cette privation, bien que la privation n'existe pas en soi. L'action d'un agent ne peut pas s'appliquer à une privation, « faire une privation » ne peut s'entendre que d'une opération indirecte. Ce qu'un agent fait directement est nécessairement quelque chose de positif.

Aristote a démontré que le mal n'existe pas en dehors des choses, et que tout mal, par rapport à un être quelconque, consiste dans le non-être de cette chose ou dans la privation d'une de ses conditions de bien /j. Donc tout mal est une privation. La mort est, relativement à tout être vivant, la privation de la forme.

Ceci posé, Dieu ne saurait être l'auteur direct, intentionnel du mal. Toutes ses actions sont purement bonnes, attendu qu'il ne produit que l'être et qu'Être et Bien c'est tout un. Tout mal est une privation qui ne comporte aucune action, si ce n'est qu'en tant que Dieu crée la matière avec la nature qui lui est propre, laquelle consiste à être toujours accompagnée de privation5. C'est ainsi que la matière devient la cause de toute corruption et de tout mal 6. Cela explique, d'autre part, que tout être non

1. Guide, I, ch. 73, p. 376, 395 et suiv. ; III, p. 58 et 59.

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