‹ MaïmonideChapitre 127 sur 195 · Traité de la Résurrection, p. h; Kôbcç, II, 11 c · texte numérisé non relu

Traité de la Résurrection, p. h; Kôbcç, II, 11 c

par exemple, pour les bénédictions et les malédictions.

Les miracles qui naturellement seraient impossibles ne doivent pas durer, autrement on pourrait douter qu'il y eût miracle. Les miracles naturellement possibles, par contre, portent d'autant plus le signe du merveilleux qu'ils se prolongent davantage.

Une autre distinction doit être établie dans les miracles, suivant qu'ils ont été opérés par Moïse ou par les autres prophètes1. Les miracles de Moïse sont d'une espèce différente. Tandis que les prophètes en général n'accomplissaient leurs prodiges que devant quelques personnes, Moïse produisait les siens devant le grand public, devant l'ami et l'adversaire.

Le signe du prophète consiste en ce que Dieu lui fait connaître le temps où il doit proclamer l'accomplissement de tel événement merveilleux et où telle chose recevra telle exécution, selon ce qui a été mis dans sa nature dès le principe-. En preuve de sa mission, le prophète accomplit un miracle3. Mais le signe ne vaut que contrôlé par la raison. « La raison qui dément le témoignage mérite plus de confiance que l'œil qui voit les prodiges4 ». Si un homme se prétend prophète et qu'il accomplisse des prodiges, c'est un moyen employé par Dieu pour publier à quel point Israël est pénétré de sa Doctrine, combien il est capable de comprendre le véritable être de Dieu, qu'il ne se laisse pas abuser par un imposteur, et que sa foi n'est pas ébranlée. Gela encouragera tous ceux qui aspirent à la vérité, ils entretiendront des croyances assez solides pour ne pas se laisser duper par les faiseurs de miracles. Le faux prophète invite à croire des objets dont l'impossibilité est démontrée. Aucun miracle ne peut faire que le mensonge soit vérité, attendu que le miracle ne peut servir qu'à confirmer une chose possible.

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