Guide, III, ch. 35, p
nière à n'y satisfaire que juste ce qu'il faut. Les passions écartent l'homme aussi bien de la perfection du corps que de la perfection de l'âme, elles corrompent les relations sociales et domestiques. L'ignorant regarde le plaisir comme le but suprême. Dieu nous a donné des lois propres à nous en détourner, et c'est un des traits marquants de la Doctrine israélite que d'interdire tout ce qui conduit à la seule jouissance1.
Il est deux sortes de législation : celle qui s'occupe uniquement de régler les rapports sociaux sans se préoccuper du perfectionnement de la faculté rationnelle ; celle qui, non contente de promouvoir le progrès temporel, s'applique à répandre la sagesse et la plus haute connaissance, cette loi est divine2.
Il convient de distinguer deux classes de commandements3 : 1° Ceux qui s'adressent à l'homme dans son rapport avec Dieu, tels les préceptes sur les phylactères, les franges, le sabbat, l'idolâtrie. L'accomplissement de ces prescriptions procure la vie éternelle4;
2° Les commandements qui concernent l'individu dans ses relations avec autrui, tels le vol, la fraude, la haine, la calomnie, l'amour du prochain, le respect des parents et des anciens. L'observation de ces lois reçoit sa récompense déjà dans ce monde par les conséquences naturellement heureuses que cette observation emporte 5.
Le Guide (III, ch. 27) a repris et approfondi cette division. La Loi poursuit un double but, le bien-être de l'âme et celui du corps. Le bien-être de l'âme, c'est d'avoir des idées saines selon la nature de ses facultés. Quant au bien-être du corps, il dépend de l'organisation sociale. On obtient ce résultat par deux moyens : d'abord, en supprimant la violence de telle sorte que l'individu ne puisse agir ni suivant son bon plaisir ni selon la puis-