Cf. Commentaire sur Mischna Yoma, VIII
172 MAIMONIDK.
sauce dont il dispose, mais qu'il soit forcé de plier son activité au bien général; ensuite, en développant chez chacun des habitudes qui concourent aux fins sociales1.
Des deux objets auxquels tend la Loi, le bien-être de Pâme est évidemment d'un ordre supérieur. Mais le bienêtre du corps précède l'autre dans l'ordre de la nature et du temps; il est le plus pressant, étant donné que, des deux perfections dont l'homme est susceptible, la perfection de l'Ame présuppose celle du corps. C'est un devoir de conserver son corps en santé et en vigueur, attendu que la maladie trouble la connaissance2.
La perfection physique c'est la pleine santé qui n'est possible que dans l'état de société, où l'homme, être naturellement social3, trouve à sa disposition tous les biens nécessaires à l'économie de son existence. La seconde perfection consiste à devenir rationnel en acte, à posséder l'intelligence en acte, en s'élevant à la plus haute et plus ample connaissance 4.
Dans cette perfection seconde, qui est la plus noble et qui seule confère l'immortalité, il ne s'agit ni de mœurs ni d'action, mais uniquement d'idées auxquelles conduit la spéculation. On ne peut se hausser à cette perfection qu'autant qu'on est physiquement équilibré, qu'on n'est tourmenté par aucune souffrance.
La loi de Moïse ne nous a été donnée qu'en vue de cette double perfection. Elle règle, d'une part, les relations mutuelles des hommes, en supprimant la violence et en poliçant les mœurs, de manière que chacun puisse arriver à la première perfection; d'autre part, elle assainit les croyances, ouvre les idées et approfondit la pensée pour nous élever à la perfection suprême5.
L'homme est capable de moralité, parce qu'il est doué